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Metallica, 2024

Depuis le 1er octobre, Metallica écrit un nouveau chapitre de son histoire à la Sphere de Las Vegas. Avec la résidence « Life Burns Faster », le groupe devient le premier artiste metal à investir la salle la plus spectaculaire du monde, une boule immersive de 112 mètres de haut capable d’envelopper le public dans un écran à 360 degrés. L’ambition n’est pas seulement technologique : elle redéfinit ce qu’un concert de metal peut donner à voir et à entendre.

Un format sans filet : le « No Repeat Weekend »

Metallica reprend ici le principe inauguré en 2023 pendant la tournée M72 : deux concerts par semaine, le jeudi et le samedi, sans aucun morceau commun entre les deux soirs. Impossible donc de deviner le programme à l’avance, et les fans qui assistent aux deux dates repartent avec deux expériences entièrement différentes. Le groupe a bâti autour de ce principe un vivier de plus de cinquante titres qu’il peut piocher sans jamais se répéter sur l’ensemble de la résidence.

La demande a d’ailleurs dépassé tous les pronostics : lors de la mise en vente des huit premières dates, Ticketmaster a enregistré jusqu’à douze millions de tentatives de connexion simultanées, au point de faire vaciller une partie de la plateforme. Devant cet engouement, Metallica a fini par porter la résidence à vingt-quatre concerts, étalés d’octobre 2026 à mars 2027.

Pochette de l'album ...And Justice For All (1988)

Une soirée d’ouverture pensée comme un évènement

Pour sa première à la Sphere, le groupe a sorti de longues années de silence scénique le morceau-titre de « …And Justice for All » (1988), ainsi que « Now That We’re Dead », deux pièces rarement jouées ces dernières années. Dix-huit titres au total, de « Battery » à « Master of Puppets », en passant par « Nothing Else Matters » et « The Call of Ktulu », portés par l’écran géant de la Sphere qui transforme chaque riff en fresque visuelle immersive.

La scène metal a connu un autre retour marquant cette rentrée avec le come-back d’Anthrax, preuve que le genre traverse une période particulièrement faste sur la scène internationale.

La Sphere, à Las Vegas

Ce que la Sphere change vraiment pour un concert de metal

La salle a été conçue à l’origine pour U2, qui en a ouvert les portes en 2023, puis explorée par des formats très différents, du documentaire immersif au film concert. Avec Metallica, c’est la première fois qu’un groupe de metal met sa propre imagerie, volontiers sombre et crue, à l’épreuve d’un écran à 360 degrés. Les équipes visuelles du groupe ont dû repenser quasiment tous leurs repères habituels : l’absence de scène frontale classique, la nécessité de concevoir des images qui fonctionnent autant au-dessus qu’autour du public, et un son spatialisé, « Sphere Immersive Sound », qui redistribue chaque instrument dans l’espace plutôt que de le projeter depuis une façade unique.

Le résultat, selon les premiers retours de la presse spécialisée, tient davantage du spectacle total que du concert filmé en plus grand : les riffs de « Master of Puppets » ou de « Creeping Death » s’accompagnent d’environnements visuels qui engloutissent littéralement la salle, sans jamais recourir à la simple retransmission vidéo du groupe sur scène.

Pourquoi cette résidence compte

Au-delà de la prouesse technique, « Life Burns Faster » marque une étape symbolique pour le metal, un genre longtemps cantonné aux stades et aux festivals en plein air et qui s’installe ici dans le temple le plus avancé technologiquement du live. L’enjeu pour Metallica est aussi de prouver, plus de quarante ans après ses débuts, que son répertoire peut se réinventer sans jamais renier son énergie brute. Le groupe avait déjà montré, avec sa tournée M72 et ses stades remplis à travers le monde, qu’il restait l’une des rares formations de sa génération capables de remplir les plus grandes jauges existantes ; la Sphere est une autre manière de répondre à la question de l’échelle, cette fois en misant sur l’intensité de l’expérience plutôt que sur le nombre de sièges.

La résidence doit se poursuivre jusqu’au 13 mars 2027, avec des dates supplémentaires ajoutées au fil des mois pour répondre à la demande. Six concerts ont d’abord complété les huit dates annoncées à l’origine, avant qu’une nouvelle vague de seize représentations ne vienne encore étendre le calendrier jusqu’au printemps prochain. De quoi donner, pour longtemps, le ton de ce qu’une salle peut offrir à un groupe de cette envergure, et de quoi inciter d’autres formations majeures à regarder, elles aussi, vers Las Vegas.