Johnny Marr, pochette The Age Of Everything, BMG
Johnny Marr a publié le 2 octobre « The Age of Everything », son cinquième album solo et le premier en quatre ans. L’ancien guitariste des Smiths y livre, selon ses propres mots, l’écriture la plus cathartique de toute sa carrière : dix titres pensés comme une traversée de la ville moderne, entre saturation numérique et instants de respiration.
Un disque né sur la route
« The Age of Everything » a d’abord pris forme à Londres, avant d’être retravaillé en live pendant une tournée sur la côte Est de l’Amérique du Nord, puis enregistré à Manchester, la ville où tout a commencé pour Johnny Marr. Le titre de l’album, selon le musicien, résume une sensation largement partagée : celle d’un présent saturé d’informations et de stimulations, sans que cela soit nécessairement vécu comme négatif. Il y voit aussi une porte ouverte sur des possibilités nouvelles, une tension entre vitesse et lucidité qui traverse tout le disque.
Le résultat capte quelque chose de très concret : l’énergie électrique d’une ville contemporaine, ses frictions, son mouvement permanent. Johnny Marr a toujours été un guitariste de l’instant, capable de transformer une mélodie simple en signature immédiatement reconnaissable ; ce nouvel album confirme qu’à 62 ans, cette capacité n’a rien perdu de sa force.
Spin, Ophelia et les dix titres du disque
L’album s’ouvre sur « Spin », titre choisi comme premier single et pensé par Marr lui-même comme une déclaration d’intention : un morceau tendu, pop et guitares cristallines, porté par un refrain qui parle d’un esprit submergé par trop d’informations. Le clip, également conçu par l’artiste, a été tourné à Manchester.

Le reste de la tracklist alterne les climats, entre urgence et introspection :
- Spin
- Beyond The Rain
- It’s Time
- How Come
- Ophelia
- That Feeling
- In And Out Of Love
- Just Once More
- Fire With Fire
- All In A Life
« It’s Time » a eu droit à son propre clip, filmé lors d’un concert de retour aux sources de Johnny Marr au Castlefield Bowl de Manchester. « Ophelia », elle, s’inspire directement du personnage de Shakespeare et a été accompagnée d’un lyric-visualiser officiel : une manière, pour Marr, de prolonger ses chansons au-delà de la seule écoute.

Une nouvelle étape pour l’ex-guitariste des Smiths
Depuis la fin des Smiths en 1987, Johnny Marr a construit une carrière solo discrète mais continue, de « The Messenger » (2013) à « Call The Comet » (2018) puis « Fever Dreams Pts 1-4 » (2022). « The Age of Everything » s’inscrit dans cette même ligne : celle d’un musicien qui préfère avancer par albums construits plutôt que par coups d’éclat, et qui continue, disque après disque, d’élargir sa signature sonore sans jamais la trahir.
Entre deux albums solo, Johnny Marr n’a jamais cessé de collaborer : le duo électronique Electronic avec Bernard Sumner de New Order dans les années 1990, puis des passages chez The Cribs et Modest Mouse dans les années 2000, avant de revenir pleinement à son nom propre à partir de 2013. Cette capacité à se réinventer sans jamais perdre sa signature à la guitare explique pourquoi chaque nouvelle sortie continue d’être suivie avec attention bien au-delà des nostalgiques des Smiths.
Le concert de Castlefield Bowl, où a été filmé le clip de « It’s Time », avait déjà donné le ton : une foule nombreuse, en plein air, dans le quartier où Marr a grandi. C’est ce même ancrage local, revendiqué plutôt que folklorique, qui irrigue « The Age of Everything » du premier au dernier titre.
Le disque sort via BMG et confirme, près de quarante ans après « The Queen Is Dead », que la plume de Johnny Marr reste l’une des plus constantes du rock britannique.
