Ilyes Griyeb
Un mois après avoir sorti son album le plus personnel, Tiakola repart à la rencontre de son public. Le rappeur franco-congolais a annoncé une tournée de huit dates à travers l’Afrique, qui débutera à Casablanca le 5 décembre, dans la foulée du très bon démarrage de « WpointM » sur les plateformes.
Un deuxième album pensé comme une confidence
Sorti le 25 septembre, « WpointM » est le deuxième album solo de Tiakola, trois ans après le succès de « Mélo » et un an après le projet collectif « BDLM Vol. 1 ». Le titre du disque fait directement référence à son vrai nom, William Mundala : un choix qui annonce un album plus intime que les précédents, loin des seuls morceaux festifs qui ont fait sa réputation. L’artiste de 26 ans, originaire de La Courneuve et ancien membre du collectif 4Keus, y mélange toujours afropop et hip-hop, mais en laissant davantage de place aux textes personnels.
Le disque rend notamment hommage à la musique congolaise, avec un titre consacré au groupe historique Zaïko Langa Langa, et réunit des featurings internationaux comme Rema ou Jorja Smith. Porté par le single « Mélo Décalé », qui rend hommage aux pionniers du coupé-décalé ivoirien, l’album a connu le meilleur démarrage mondial de la semaine parmi les nouveautés sur Spotify, selon la presse spécialisée.

Huit dates, huit pays, pour retrouver le public africain
Après avoir sorti l’album fin septembre, Tiakola passe maintenant à la tournée. Le Maroc a été choisi pour ouvrir le bal : rendez-vous à Casablanca le samedi 5 décembre, avant sept autres escales sur le continent jusqu’au 4 janvier 2027. Le parcours l’emmènera ensuite à Kinshasa le 17 décembre, puis à Abidjan le 20 décembre, avant des étapes à Libreville, Yaoundé et Cotonou. La tournée se terminera à Dakar le 2 janvier, puis à Praia, au Cap-Vert, le 4 janvier. Au total, huit pays sont au programme : le Maroc, la République démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Cameroun, le Bénin, le Sénégal et le Cap-Vert.
La salle du concert marocain et les modalités de billetterie doivent encore être précisées par l’organisation. Ce choix de lancer la tournée en Afrique plutôt qu’en France ou en Europe n’est pas anodin : Tiakola a construit une partie de son identité artistique sur ses racines congolaises, et le succès de « WpointM » dans plusieurs pays africains — l’album s’est classé dans le top des ventes au Bénin et en Côte d’Ivoire sur les plateformes de streaming — confirme que ce public lui répond fort.
Pour un artiste encore considéré comme une révélation il y a quatre ans à peine, cette tournée panafricaine marque une nouvelle étape : celle d’un rappeur français capable de remplir des salles bien au-delà de l’Hexagone, sur un continent où la musique francophone occupe une place grandissante.
Cette stratégie n’a rien d’isolé dans le rap français actuel : de plus en plus d’artistes de la scène urbaine française construisent désormais leur tournée en pensant d’abord à l’Afrique francophone, plutôt que de la traiter comme une simple extension de leur calendrier européen. Pour Tiakola, dont les textes revendiquent ouvertement l’héritage congolais, le symbole est fort : ouvrir sa tournée au Maroc, puis remonter vers Kinshasa, c’est aussi une manière d’assumer publiquement d’où vient sa musique.
