BMG / Tony Iommi
Il aura fallu plus de vingt ans. Tony Iommi, le guitariste et fondateur de Black Sabbath, publie ce vendredi « From the Dark », son nouveau disque en solo, le premier depuis « Fused » en 2005. Huit titres, une poignée de musiciens choisis avec soin et une voix qui n’est pas la sienne : celle du Norvégien Jorn Lande, habitué des projets de rock symphonique et de metal mélodique, qui signe l’ensemble des textes avec le guitariste.
Un retour qui prend un sens particulier
Depuis la disparition d’Ozzy Osbourne, chaque nouveau geste de Tony Iommi est regardé avec une attention particulière par les fans de Black Sabbath. « From the Dark » n’est pourtant pas pensé comme un hommage ou un disque testamentaire : c’est un album de metal classique, pensé pour les riffs lourds et les ambiances sombres qui ont fait la réputation du guitariste depuis plus de cinquante ans. On y retrouve ce jeu reconnaissable entre les mains, accordé très bas, qui a défini le son du heavy metal dès la fin des années 1960.

« World Alone », le titre qui a lancé l’album
Le projet s’était dévoilé cet été avec « World Alone », premier extrait accompagné d’un clip qui suit un personnage surnommé « le Croyant », contraint de survivre à un jeu vidéo retors pour rester en vie. La vidéo, réalisée par Ryan Mackfall, a rapidement dépassé le million de vues et donné le ton d’un disque résolument tourné vers des ambiances cinématographiques. Jorn Lande y déploie un chant opératique qui tranche avec les voix habituelles du genre, pendant que Tony Iommi enchaîne les riffs descendants qui ont fait sa signature.

Une équipe resserrée, un son qui ne trahit rien
Pour construire ce disque, Tony Iommi s’est entouré d’un noyau restreint plutôt que d’un casting de stars : la bassiste Becky Baldwin, le batteur Karl Brazil, et surtout Mike Exeter, son collaborateur de longue date à la production, au co-écriture et à la prise de son. C’est ce même Mike Exeter qui l’accompagne depuis plusieurs projets solo et qui signe ici une réalisation qui privilégie la puissance brute du jeu de guitare plutôt que les arrangements superflus.
Le choix de Jorn Lande au micro n’a rien d’anodin. Le chanteur norvégien s’est forgé une réputation dans le rock symphonique et le metal mélodique, entre son groupe Jorn et des collaborations remarquées avec Ritchie Blackmore ou au sein du projet Avantasia. Sa voix large et dramatique colle à l’ambition du disque, pensé comme une succession de tableaux sombres plutôt que comme une suite de singles calibrés pour les radios.
Huit titres, plusieurs formats, un disque pensé pour durer
« From the Dark » compte huit morceaux pour la version standard : « Over the Violent Sun », qui ouvre l’album, « Black Times », « World Alone », « Beyond the Dead », « Stormwatcher », « Death Wake », « Return of the Arbalist » et le morceau de clôture, « Legacy ». Une édition deluxe ajoute deux titres supplémentaires, « Scent of Dark » et « Deified ». Le disque sort chez BMG en CD digisleeve, en coffret deluxe avec livret de 32 pages, et en double vinyle 45 tours décliné en plusieurs couleurs, avec une découpe reprenant la croix signature du guitariste sur la pochette.
Le disque avait déjà fait l’objet d’une annonce détaillée sur whatlisten cet été, au moment où le guitariste dévoilait « World Alone » et confirmait ce premier album solo en plus de vingt ans. Sa sortie effective ce vendredi vient clore une attente longue pour les amateurs de metal classique, à un moment où le genre voit plusieurs de ses figures historiques revenir sur le devant de la scène.