Je tente aujourd’hui un comparatif entre les pratiques des musiciens professionnels anglo-saxons et français. C’est le contact avec des musiciens d’origines variées qui m’a amené à constater de réelles différences entre les pays. En festival, quand on a l’occasion de voir se succéder des musiciens français et des musiciens américains, on constate de grandes différences dans la manière de travailler, surtout quand on a la chance de les côtoyer sur le plateau.

    Dans ma démarche, la comparaison n’est absolument pas qualitative mais essentiellement technique et organisationnelle. En effet, j’ai constaté que les musiciens américains avaient une sorte de démarche que j’appelle « Play / Stop » qui consiste à être déjà au maximum de leur énergie et de leur implication dès les premières notes jouées, que ce soit en balance, en concert ou même en studio. Chaque seconde de la musique qu’ils interprètent est « utilisable ».
    J’attribue cette caractéristique au fait que, à la différence de la France, les musiciens doivent jouer pour gagner leur vie. Bien que ce soit le cas aussi en France, le système sociale est plus protecteur pour les artistes et ils peuvent être couverts financièrement s’ils n’ont pas l’opportunité de jouer tous les jours. Alors qu’aux États-Unis, les musiciens doivent jouer chaque jour pour espérer un salaire. Un grand nombre de musiciens est, de cette manière, présent chaque soir en club pour jouer… et gagner leur vie.

    En France, c’est un peu différent, les musiciens sont protégés et, leur vie professionnelle est occupée par tout un tas d’activités périphériques à la musique qui peuvent réduire le temps dont ils disposent pour pratiquer leur instrument. Et cela se ressent, par moment, dans les qualités d’aisance instrumentale, ou sur le plan technique.

    Afin de rétablir l’équilibre, je voudrais vous faire remarquer que cette obsession américaine de la proposition musicale efficace peut amener à des formules toutes faites, moins créatives et moins intéressantes que ce que nous pourrions attendre. Quand on veut que chaque seconde jouée soit utilisable, on peut être amené à prendre moins de risque créatif que nous ne devrions.

    Il s’agit donc d’un équilibre technique et créatif difficile à trouver pour devenir un musicien professionnel accomplis.

    En conclusion, je souhaiterai simplement inciter le lecteur, le musicien, à pratiquer / jouer, autant qu’il le peut. Nous ne pouvons nous caractériser en tant que musicien que si nous pratiquons encore et encore notre instrument, pour progresser, mais aussi simplement pour nous exprimer à travers la musique.

    Alors pratiquez, pratiquez et … pratiquez !