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Pochette de « August 26 » — Post Malone / Mercury Records

Il y a des disques que l’on ne trouvait qu’au fond des vieux forums de rap et sur des plateformes de téléchargement aujourd’hui disparues. « August 26 », la toute première mixtape de Post Malone, était de ceux-là. Ce 26 août 2026, l’artiste texan répare enfin cet oubli : le projet débarque pour la première fois sur l’ensemble des plateformes de streaming, accompagné de son tout premier vinyle. Un cadeau d’anniversaire que les fans réclamaient depuis des années, et une occasion parfaite de replonger dans les débuts de l’un des artistes les plus écoutés de la planète.

Un disque fantôme enfin disponible

Mise en ligne au printemps 2016 sur la plateforme DatPiff, à une époque où les mixtapes gratuites s’échangeaient encore comme une monnaie parallèle, « August 26 » n’avait jamais eu de véritable existence officielle. Le projet n’était présent ni sur Spotify, ni sur Apple Music, ni sur Deezer, et les seules versions qui circulaient étaient des copies de qualité inégale, souvent incomplètes. Pour toute une partie du public venu à Post Malone après ses cartons planétaires, ce premier chapitre relevait presque de la légende. La réédition remasterisée le rend enfin accessible à tous, dans une qualité audio digne de son statut.

Le titre lui-même est un clin d’œil : le 26 août correspondait à la date initialement envisagée pour la sortie de son premier album studio. Ce disque, « Stoney », finira par paraître en décembre 2016, mais la mixtape en a gardé le nom comme une trace de cette période charnière où le jeune artiste cherchait encore sa voie entre rap, trap mélodique et pop cotonneuse.

Post Malone White Iverson pochette Stoney
Post Malone, « White Iverson » — Republic Records

Dix titres qui racontent un artiste en devenir

Sur ses dix morceaux, « August 26 » réunit déjà un casting solide : 2 Chainz s’invite sur « Money Made Me Do It », Lil Yachty pose sur « Monta » et un tout jeune Jaden Smith apparaît sur « Lonely ». On y entend un Post Malone en pleine construction, oscillant entre bravade de mixtape et cette mélancolie feutrée qui deviendra vite sa signature. Les contours de son style, ces refrains fredonnés à la lisière du chant et du rap, sont déjà là, encore bruts, mais reconnaissables entre mille.

Réécouter ce projet en 2026, c’est mesurer le chemin parcouru. Quelques mois seulement après sa mise en ligne, « White Iverson » propulsait Post Malone dans une autre dimension, jusqu’à devenir l’un des rares morceaux certifiés diamant de sa génération et à dépasser le milliard de vues sur les plateformes vidéo. La mixtape, elle, éclaire ce point de bascule : celui d’un artiste encore anonyme qui posait déjà les fondations d’un empire pop.

Un vinyle collector pour marquer les dix ans

La grande nouveauté de cette réédition, au-delà du streaming, c’est l’objet. « August 26 » connaît son premier pressage vinyle, dans une édition anniversaire pensée pour les collectionneurs. Après une décennie passée à l’état de fichier fantôme, le disque devient enfin un objet physique que l’on peut tenir, poser sur une platine et écouter dans l’ordre voulu par son auteur. Une manière de réconcilier la génération streaming avec la culture mixtape dont ce projet est issu.

Cette sortie s’inscrit dans un été 2026 particulièrement animé pour le rap et la pop américaine, entre cérémonies (comme les MTV VMAs 2026 et les Grammys), retours et rééditions patrimoniales. Elle rappelle aussi combien Post Malone, longtemps rangé un peu vite dans la case des tubes calibrés pour les charts, possède une histoire plus profonde qu’il n’y paraît, faite de tâtonnements, de collaborations et d’une obsession du refrain qui ne l’a jamais quitté.

Pour (re)découvrir d’où vient tout cela, rien ne vaut le morceau qui a tout déclenché.