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Pochette officielle — M3LO WORLD / Atlantic France

Tiakola a mis fin à plusieurs semaines d’attente en sortant vendredi 25 septembre « WpointM », son nouvel album. Le rappeur de La Courneuve, révélé au grand public par ses featurings et par le collectif 4Keus avant de s’imposer en solo, y signe un disque de 17 titres qui reprend son vrai nom, William Mundala, pour raconter une trajectoire personnelle plutôt qu’une simple collection de sons faits pour les clubs.

Un triptyque : +33, cœur, +243

« WpointM » est construit autour de trois parties clairement identifiées. La première, intitulée « +33 », revient sur la France et l’enfance de Tiakola à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis. La deuxième, plus courte et notée « <3 », s’attarde sur des sujets plus intimes, loin des punchlines de façade. La troisième, « +243 » (l’indicatif téléphonique de la République démocratique du Congo), assume ses racines congolaises, un terrain que le rappeur avait déjà commencé à explorer sur ses précédents projets mais qu’il pousse ici beaucoup plus loin. Cette architecture en trois mouvements donne à l’album un fil narratif plus lisible que la plupart des sorties rap du moment, pensées avant tout comme des successions de titres interchangeables.

Six featurings gardés secrets jusqu’au bout

Tiakola en concert
Tiakola sur scène (photo J24N, CC BY-SA 4.0)

Tiakola avait pris soin de ne révéler aucun featuring avant la sortie, un choix suffisamment rare dans le rap français actuel pour être remarqué : sur des albums aussi attendus, les collaborations fuitent presque toujours des semaines à l’avance. Six titres sur les dix-sept en comptent finalement, et la surprise la plus commentée est la présence du Nigérian Rema sur le morceau « Best », une incursion afrobeats qui confirme la porosité grandissante entre le rap francophone et les scènes ouest-africaines. Les autres featurings, distillés sur des titres comme « Bottega », « Vrai OG » ou « La nocturne », renforcent cette idée d’un disque pensé comme un ensemble plutôt que comme une addition de featurings calibrés pour les plateformes.

Une sortie préparée depuis l’été

L’album avait été officiellement annoncé fin août, avant un rouleau compresseur promotionnel classique mais efficace : dévoilement progressif de la tracklist, publication du livret avec le nom des compositeurs, puis sortie de deux avant-goûts, « Savage » et « Mélo Décalé », dans les semaines précédant la sortie complète. Le titre du disque, « WpointM », fait référence au véritable état civil de l’artiste et signale d’emblée l’intention : un album plus personnel que ses précédents, pensé comme un bilan d’étape après plusieurs années de succès commercial ininterrompu dans le rap et la pop urbaine françaises.

Un rappeur devenu incontournable

Tiakola s’est fait connaître au sein du collectif 4Keus avant de prendre son indépendance et de multiplier les featurings marquants avec les plus grands noms du rap français actuel. Sa capacité à passer d’un flow mélodique et chanté à des couplets plus techniques en a fait l’un des artistes les plus sollicités de sa génération, aussi à l’aise sur un refrain accrocheur destiné aux plateformes de streaming que sur un texte plus sombre consacré à son parcours personnel. « WpointM » arrive dans ce contexte comme la confirmation qu’il peut porter un album entier sans s’appuyer uniquement sur les featurings qui ont fait sa réputation, en assumant une écriture plus introspective que sur ses précédents projets.

Le choix d’un featuring avec Rema plutôt qu’avec un habitué de la scène française confirme aussi une tendance observée depuis plusieurs mois dans le rap et la pop urbaine hexagonale : l’afrobeat et ses variantes ouest-africaines s’imposent de plus en plus comme un vivier de collaborations naturelles, portées par une proximité culturelle avec une partie du public français plutôt que comme un simple effet de mode passager.