Seyi Vibez — chaine officielle YouTube
Seyi Vibez a mis en ligne SWAGUU, son cinquième album studio, quatorze titres qui prolongent l’ascension d’un des chanteurs les plus suivis de la nouvelle génération afrobeats. Le projet est exécuté par Burna Boy, mentor déclaré de l’artiste depuis plusieurs années, et s’offre une incursion inattendue du côté du rap américain avec la présence de Quavo sur le morceau-titre.
Un cinquième album placé sous le parrainage de Burna Boy
Le rôle d’exécutant confié à Burna Boy n’a rien d’anodin. La star originaire de Port Harcourt suit Seyi Vibez depuis ses débuts et lui a, selon ses propres mots, transmis une règle simple : ne jamais montrer de faiblesse et continuer d’avancer. SWAGUU a pris forme entre des sessions à Cape Town avant de se boucler à Lagos, un aller-retour qui a permis à l’album de garder un ancrage nigérian tout en s’ouvrant à d’autres influences sud-africaines, notamment sur le titre Pansa, teinté d’amapiano.

Quavo, choix inattendu pour le morceau-titre
C’est la présence de l’Américain Quavo sur la chanson SWAGUU, qui clôt le disque, qui retient particulièrement l’attention. L’ancien membre de Migos, star du rap d’Atlanta, n’était pas attendu sur un projet aussi ancré dans la culture de rue nigériane. Le choix signale la volonté de Seyi Vibez de toucher un public plus large, sans pour autant renoncer à son identité : l’essentiel du disque reste tourné vers l’Afrique de l’Ouest, porté par des productions denses et une écriture qui mêle pidgin nigérian et yoruba.
Une tracklist qui reprend le fil de sa trajectoire
L’album s’ouvre sur Volume, présenté comme une décharge d’énergie, puis enchaîne des titres comme GTA, Diamonds, Melanin ou God, ce dernier apportant une respiration plus introspective au milieu du disque. SWAGUU reprend aussi deux titres déjà sortis en amont, Back 2 U et GTA, une manière pour l’artiste de donner de la continuité à un rollout étalé sur plusieurs mois plutôt que de tout miser sur un effet de surprise.
- Volume, GTA, Diamonds, Melanin, God, Pansa et Ilome composent la première moitié du disque.
- Alagia, El Jaja, Alubarika, Akpan Akpari et Oble prolongent la seconde partie.
- Le morceau-titre SWAGUU, avec Quavo, referme l’album.

Ce que dit cette sortie de la trajectoire de l’afrobeats
SWAGUU confirme surtout une bascule déjà amorcée dans l’afrobeats nigérian : des artistes qui gardent un ancrage local très marqué, dans le son comme dans la langue, tout en multipliant les ponts vers les scènes voisines, qu’il s’agisse de l’amapiano sud-africain ou du rap américain. Seyi Vibez, révélé par une série de mixtapes de rue avant de s’imposer avec des albums comme Billion Dollar Baby, incarne cette génération qui ne cherche plus à choisir entre authenticité et rayonnement international.
Le disque arrive alors que la scène ouest-africaine multiplie les sorties marquantes cette rentrée, entre nouveaux projets et featurings croisés. Il confirme, à sa manière, que l’afrobeats continue d’élargir son public sans renoncer à ses racines. Fally Ipupa a lui aussi marqué cette rentrée en célébrant vingt ans de carrière avec un hommage à la rumba congolaise, preuve que la scène africaine multiplie les temps forts en cette fin septembre.
Qui est Seyi Vibez
Né à Lagos en 2000, Seyi Vibez s’est fait connaître à la fin des années 2010 par une série de mixtapes diffusées d’abord dans les rues et les studios de quartier avant de conquérir les plateformes de streaming. Son style, souvent qualifié de street-pop, mélange des mélodies très chantées à une écriture directe, proche du vécu, qui a fini par toucher un public bien au-delà du Nigeria. Des projets comme Billion Dollar Baby puis Thy Kingdom Come ont installé sa réputation d’auteur capable de faire cohabiter la ferveur religieuse, l’ambition matérielle et les doutes d’un jeune artiste soudain propulsé au sommet.
Avec SWAGUU, il change de registre sans renier cette identité : le disque assume une aspiration plus affirmée, un goût pour la réussite affichée, tout en gardant les marqueurs vocaux et rythmiques qui ont fait son succès. Le featuring de Quavo, loin d’être un simple coup marketing, illustre une logique déjà observée chez d’autres artistes afrobeats de sa génération : utiliser une collaboration américaine ponctuelle pour élargir l’audience sans modifier la structure de l’album.
