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Pochette officielle de la compilation - MCA Records

Les Smashing Pumpkins ajoutent leur nom à la liste déjà longue des artistes réunis pour The Hunger Games: Sunrise on the Reaping (The Album), la bande originale du prochain volet de la franchise. Leur titre, intitulé « Black Stars », est sorti avec son clip officiel, et marque un petit évènement dans l’histoire du groupe : c’est la première fois depuis les sessions de Siamese Dream, au début des années 1990, que Billy Corgan retravaille avec le producteur Butch Vig.

Butch Vig, retrouvailles symboliques

L’histoire entre le groupe de Chicago et Butch Vig ne date pas d’hier : c’est lui qui avait façonné le son de Gish puis de Siamese Dream, les deux albums qui ont lancé la carrière des Smashing Pumpkins avant que Corgan ne prenne lui-même les commandes de la production pour la suite de sa discographie. Invité à proposer un titre pour la compilation pendant que Corgan travaillait de son côté sur un projet solo, le groupe a choisi de renouer avec cette collaboration plutôt que de produire seul. Dans la formation actuelle, soit Corgan, James Iha et Jimmy Chamberlin, « Black Stars » sonne comme un pont entre deux époques du groupe : la production léchée des débuts et l’écriture plus sombre de leurs dernières années.

Une compilation à l’échelle de la franchise

L’album rassemble vingt-neuf artistes de genres très différents sous la houlette du producteur Dave Cobb, pour accompagner la sortie du film en salles le 20 novembre. Le premier extrait, « Draw You Out » de Noah Kahan, avait ouvert le bal début octobre ; « Black Stars » est le titre qui referme le premier disque de cette double compilation, pensée comme un disque à part entière plutôt qu’un simple recueil de chutes de studio. Le choix d’un groupe de rock alternatif historique aux côtés d’artistes pop et folk plus jeunes illustre bien le pari de la bande originale : parler à plusieurs générations de spectateurs à la fois, plutôt que de se cantonner à un public déjà acquis à la franchise.

Billy Corgan dans le clip officiel de Black Stars
Image extraite du clip officiel de « Black Stars » (SmashingPumpkinsVEVO)

Un clip tourné dans la pénombre

Le clip qui accompagne la sortie du titre reste fidèle à l’imagerie habituelle du groupe : éclairages crus, cadrages serrés sur le visage de Corgan, atmosphère tendue qui doit beaucoup plus au rock gothique des Smashing Pumpkins qu’à l’univers young-adult du film. Peu d’indices renvoient directement à l’intrigue de Sunrise on the Reaping, ce qui n’est pas surprenant : la plupart des contributions musicales de ce type de bande originale fonctionnent d’abord comme des titres autonomes, avant d’être replacées dans le montage du film.

La suite du calendrier

L’album complet, lui, sort le 13 novembre, une semaine avant le film, sur le label MCA Records. Il est annoncé en plusieurs pressages vinyle collector en plus des formats numériques et CD. Pour les Smashing Pumpkins, cette parenthèse signée Butch Vig ne annonce pas forcément un retour en studio pour un nouvel album du groupe : elle reste, pour l’instant, une pièce rapportée à l’univers d’une franchise cinématographique plus qu’un virage artistique. Elle confirme en tout cas que le groupe continue d’être sollicité pour ce type de projet collectif, bien après son âge d’or des années 1990.

Une franchise habituée aux bandes originales événements

La saga Hunger Games a toujours traité ses bandes originales comme de vrais évènements musicaux plutôt que comme de simples produits dérivés : le premier film avait réuni Taylor Swift et The Civil Wars sur « Safe & Sound », tandis que Lorde avait signé et supervisé la compilation de Mockingjay – Partie 1, portée par son titre « Yellow Flicker Beat ». Confier un morceau à un groupe aussi identifié que les Smashing Pumpkins s’inscrit dans cette même logique : profiter d’une sortie en salles pour remettre en lumière des artistes au passé chargé, tout en élargissant le public de la franchise au-delà de ses fans habituels. Pour un groupe installé depuis plus de trente ans, ce type de participation reste aussi un moyen de toucher une audience qui n’était pas née à l’époque de Siamese Dream, via les plateformes de streaming et les réseaux sociaux qui accompagnent la sortie d’un blockbuster.