Pochette officielle - Jean-Baptiste Mondino
Mylène Farmer est de retour avec « Égrégore », son treizième album studio, disponible depuis vendredi. Quatre ans après « L’Emprise », la chanteuse propose un disque dont le titre désigne, dans l’ésotérisme, l’esprit collectif né de personnes réunies par des désirs communs — un concept qui a dicté toute la mise en scène de ce retour, de la pochette signée Jean-Baptiste Mondino jusqu’à la tournée promotionnelle.
Une collaboration inattendue avec DJ Snake
Parmi les réalisateurs sollicités pour cet album figure DJ Snake, crédité sur deux titres dont le single « Combien pour la nuit », un morceau up-tempo aux sonorités club qui tranche avec l’image habituelle de la chanteuse. La rencontre entre les deux artistes remonte à juillet 2025, lorsque Mylène Farmer avait créé la surprise en rejoignant DJ Snake sur scène aux Arènes de Nîmes. Le clip du titre, filmé sous la forme d’un road trip, a été confié au cinéaste Gilles Lellouche. L’album compte aussi une contribution de Moby, aux côtés du producteur historique de la chanteuse, DJ Lewis, qui signe le premier single « C’est à qui le tour », sorti en mai dernier avec un clip réalisé par Julia Ducournau, la cinéaste césarisée pour « Titane ».

Trois singles, trois univers distincts
Avant « Combien pour la nuit », deux autres extraits avaient balisé la sortie de l’album. « Des lols et des quoi », sorti à l’été, s’accompagnait d’un clip dystopique qui s’attaquait frontalement à la censure, dans la veine provocatrice que la chanteuse cultive depuis ses débuts. « C’est à qui le tour », premier single électro signé DJ Lewis, avait quant à lui généré d’importants scores d’écoute dès sa sortie, confirmant que le public reste au rendez-vous malgré l’espacement de plus en plus grand entre deux albums — quatre ans se sont écoulés depuis « L’Emprise », contre deux à trois ans lors des précédents cycles. Cette succession de trois singles aux ambiances très différentes — électro-pop, dystopie synthétique puis club signé DJ Snake — illustre une volonté assumée de ne pas enfermer « Égrégore » dans une seule esthétique, quitte à dérouter une partie du public habitué à des albums plus homogènes.
Une avant-première pensée comme un évènement de salle
Avant la sortie du disque, Mylène Farmer avait orchestré une avant-première cinéma le 27 octobre, projetée en exclusivité dans plusieurs villes de France : soixante-cinq minutes de musique et d’images construites autour de huit titres de l’album, pensées comme une expérience à part entière plutôt qu’un simple clip promotionnel. La chanteuse a par ailleurs ouvert un pop-up à la Fnac Montparnasse, visible jusqu’au 15 novembre, où les fans peuvent notamment reconstituer un puzzle géant reproduisant la pochette de l’album.
Treize albums, une mise en scène toujours renouvelée
À 64 ans, Mylène Farmer reste l’une des rares artistes françaises capables de transformer la sortie d’un simple disque en évènement culturel suivi dans la presse généraliste autant que musicale. « Égrégore » s’inscrit dans cette logique bien rodée depuis des décennies : changer de réalisateurs à chaque cycle, s’entourer de producteurs identifiés à une scène précise — ici l’électro et le club avec DJ Snake — et doser savamment les apparitions médiatiques pour entretenir l’attente. Le disque confirme aussi la discrétion habituelle de la chanteuse sur scène : aucune tournée n’a pour l’instant été annoncée pour accompagner cette sortie, la promotion de l’album reposant presque entièrement sur les singles, les clips et cette avant-première en salles plutôt que sur des concerts.
