Pochette officielle – Loma Vista Recordings
Sampa the Great publie ce vendredi son troisième album, Nu Zamrock, sur le label Loma Vista. Quatre ans après As Above, So Below, la rappeuse et chanteuse zambo-australienne change de dimension : elle ne cherche plus seulement à raconter son histoire, elle remonte celle de toute une scène musicale oubliée, celle du Zamrock, le rock psychédélique zambien des années 1970.
Le déclic est venu d’une découverte familiale : son oncle, George « Groovy Joe » Kunda, a été l’un des membres fondateurs de WITCH, groupe pionnier de ce mouvement qui mariait guitares saturées, rythmes africains et groove psychédélique dans la Zambie de l’après-indépendance. Pour Sampa the Great, Nu Zamrock n’est pas un exercice de nostalgie, mais un geste de transmission : « le futur qui se souvient d’où il vient », selon ses propres mots.
Un album qui remonte aux sources du Zamrock
Sur Nu Zamrock, Sampa the Great revendique une filiation directe avec le son électrique et hypnotique des groupes zambiens des années 1970, qu’elle recroise avec le rap, la poésie parlée et la soul qui ont fait sa réputation depuis son premier succès, The Return, en 2019. Le résultat est un disque qui avance par vagues, entre guitares distordues, percussions africaines et flow posé, sans jamais sacrifier l’énergie brute qui a toujours caractérisé son écriture.
Le label Loma Vista, qui accompagne la sortie, met en avant un disque « féroce et sans concession », pensé comme une affirmation plutôt qu’une demande de reconnaissance. C’est aussi le sens du titre : en inventant le terme « Nu Zamrock », l’artiste s’autorise à la fois l’hommage et la réinvention, sans se laisser enfermer dans un simple exercice de style rétro.

Trois singles pour préparer le terrain
La sortie de l’album a été précédée de trois extraits qui en annonçaient déjà la couleur. « Can’t Hold Us », avec la chanteuse Mwanjé, posait un hymne défiant et élémentaire. « Simon Says », sorti en septembre, s’attaque plus frontalement à la pression de l’industrie musicale : Sampa the Great y décrit « Simon » comme le système qui dicte aux artistes comment se comporter et à quoi ressembler. Enfin « Location », dévoilé début octobre, complétait ce triptyque de singles avant la sortie du disque complet.
- Troisième album studio de Sampa the Great, après The Return (2019) et As Above, So Below (2022)
- Sorti le 30 octobre 2026 via Loma Vista Recordings
- Inspiré par le parcours de George « Groovy Joe » Kunda, membre fondateur du groupe zambien WITCH
- Précédé des singles « Can’t Hold Us » (feat. Mwanjé), « Simon Says » et « Location »
Une artiste qui a toujours mêlé les héritages
Née en Zambie, passée par le Botswana avant de s’installer en Australie, Sampa the Great a construit sa carrière sur cette circulation entre plusieurs continents et plusieurs langages musicaux : rap américain, poésie orale africaine, soul et jazz. Son précédent album, As Above, So Below, avait déjà été salué pour sa manière d’assumer pleinement ses racines zambiennes dans une industrie qui pousse souvent les artistes africains de la diaspora à gommer leurs origines. Nu Zamrock va plus loin encore dans cette direction, en consacrant un disque entier à un pan méconnu de l’histoire musicale de son pays natal.
Le Zamrock, justement, a connu un net regain d’intérêt international ces dernières années, porté par des rééditions de groupes comme WITCH ou Musi-O-Tunya et par un documentaire consacré à cette scène quasiment effacée par la crise du sida et l’exode de nombreux musiciens zambiens dans les années 1980 et 1990. En s’en réclamant directement, Sampa the Great s’inscrit dans ce mouvement de redécouverte, tout en l’actualisant avec les outils de son époque.
Nu Zamrock paraît le même jour qu’une autre sortie majeure pour le rock international : le nouvel album de Queens of the Stone Age, Perfecth. Deux manières très différentes d’interroger l’héritage du genre, entre relecture roots et expérimentation.
