Il y a des sorties que l’on sent venir depuis des mois, et « Starr Girl » en fait partie. Ce vendredi 14 août, Ayra Starr dévoile son troisième album studio, publié par le label nigérian Mavin Records. À 24 ans, la chanteuse révélée par « Rush » n’en est plus au stade des promesses : elle arrive avec le statut d’une star globale, capable de remplir les charts africains comme les playlists occidentales. « Starr Girl » ressemble moins à un pari qu’à une confirmation attendue.

    Trois ans pour asseoir un statut

    Rien ne prédestinait forcément Oyinkansola Aderibigbe à ce statut. Née à Cotonou, au Bénin, de parents nigérians et grandie à Lagos, Ayra Starr a été repérée très jeune par Don Jazzy et son label Mavin. Le raz-de-marée « Rush », en 2022, l’a propulsée bien au-delà du continent, jusqu’à une nomination aux Grammy Awards. Depuis, chaque sortie est scrutée comme un baromètre de la vitalité de l’afropop — et « Starr Girl » arrive avec ce poids d’attente sur les épaules.

    Depuis « 19 & Dangerous » en 2021 puis « The Year I Turned 21 » en 2024, la trajectoire d’Ayra Starr a suivi une courbe régulière : des refrains qui s’installent, une voix reconnaissable entre mille et une manière très personnelle de faire dialoguer l’afropop, la pop américaine et le R&B. « Starr Girl » prolonge cette logique. L’artiste a elle-même égrené un compte à rebours sur ses réseaux, dévoilé la tracklist début août et laissé filtrer un disque pensé comme une affirmation de soi — le titre, à lui seul, sonne comme une déclaration.

    Des singles qui balisent le terrain

    Trois morceaux ont préparé le terrain. « Where Do We Go », sorti en mars, a posé une ambiance plus introspective, au point de s’offrir un remix signé Peggy Gou. « Tornado », en juin, a rappelé le savoir-faire de la chanteuse pour les refrains taillés pour l’été. Et « Gimme Dat », en duo avec Wizkid, a scellé une rencontre au sommet entre deux figures majeures de la scène nigériane. Trois teintes différentes, une même signature vocale : de quoi rassurer sur la cohérence d’ensemble.

    Pochette du single Tornado d'Ayra Starr
    Ayra Starr, « Tornado » (Mavin Records)

    Une pluie de featurings

    C’est peut-être la vraie signature de « Starr Girl » : sa carte des invités. Aux côtés de Wizkid, la tracklist réunit une constellation de collaborateurs qui disent beaucoup de la place occupée par Ayra Starr dans l’industrie.

    • Wizkid, sur « Gimme Dat », icône de l’afrobeats mondialisé ;
    • Rema, complice de longue date après le carton « Who’s Dat Girl » ;
    • Zayn, ex-One Direction, invité surprise sur « Heaven Baby » ;
    • Theodora, Danny Ocean et la productrice kwn, pour élargir la palette.

    Ce genre de casting ne se décrète pas : il se gagne. Que des noms venus de la pop britannique comme de la scène latino répondent présent en dit long sur la capacité d’Ayra Starr à faire tomber les frontières de genre et de langue.

    Pochette du single Where Do We Go d'Ayra Starr
    Ayra Starr, « Where Do We Go » (Mavin Records)

    Ce que « Starr Girl » dit de l’afropop en 2026

    Au-delà du cas Ayra Starr, cette sortie s’inscrit dans un mouvement de fond. L’afropop et l’afrobeats ne sont plus une curiosité exotique dans les classements : ils en sont devenus un moteur, portés par une nouvelle génération d’artistes qui pensent d’emblée à l’échelle mondiale. La Sud-Africaine Tyla, dont nous avions chroniqué l’album « A*POP », incarne la même dynamique. Avec « Starr Girl », Ayra Starr ajoute sa pierre à un édifice où l’Afrique de l’Ouest dicte de plus en plus le tempo de la pop planétaire.

    Reste la vraie question : celle de la tenue sur la longueur. Un album de seize titres est un exercice exigeant, où l’enjeu n’est pas de multiplier les tubes potentiels mais de raconter quelque chose de cohérent. Ayra Starr a prouvé qu’elle savait écrire des refrains ; « Starr Girl » dira si elle sait, désormais, bâtir un disque qui se tient debout du premier au dernier morceau.

    Rendez-vous vendredi, donc, pour mesurer si l’album tient la distance sur seize titres. En attendant, « Tornado » donne déjà le ton de l’été version Ayra Starr.

    Simon Janvier

    J'aime la musique, toutes les musiques. Je profite donc de mes interventions sur ce blog pour partager avec vous l'histoire de titres qui m'ont marqué. Mes critères de choix sont l'émotion, la singularité ou les conditions particulières de l'enregistrement.