Pochette officielle de l'album « Starrgirl », Mavin Records / Republic Records
Ce dimanche, l’afrobeats s’installe dans un territoire qu’il n’avait jamais occupé : la mi-temps d’un match de NFL. Ayra Starr devient la première artiste afrobeats à assurer ce rôle sur un match international de la ligue américaine, à l’occasion de la rencontre entre les Philadelphia Eagles et les Jacksonville Jaguars au stade de Tottenham Hotspur, à Londres. Ce rendez-vous arrive quelques jours seulement après la sortie du clip de « Heaven Baby », son duo avec ZAYN, qui confirme la place centrale que la chanteuse occupe désormais sur la scène pop mondiale.
Un duo au sommet avec ZAYN
« Heaven Baby » occupe la quatorzième place de « Starrgirl », le troisième album d’Ayra Starr. Le morceau se distingue par une production presque nue, portée par un piano et quasiment dépourvue de percussions, qui laisse toute la place aux deux voix. Le clip officiel, mis en ligne le 5 octobre et réalisé par Earthboi, montre les deux artistes évoluer dans une salle de concert vide, comme pour matérialiser l’attente qui précède une déclaration d’amour. La chanson a rapidement trouvé son public : elle a dépassé les 790 000 écoutes sur Spotify dès son premier jour complet, grimpé à la troisième place du classement Spotify Nigeria et intégré le classement britannique dédié à l’afrobeats.

Pour ZAYN, cette collaboration s’inscrit dans une deuxième carrière solo construite loin des réflexes de l’ancien boys-band : depuis plusieurs années, l’ex-membre de One Direction multiplie les featurings avec des artistes venus d’horizons que la pop anglo-saxonne ignorait encore récemment. Le choix d’Ayra Starr, plutôt qu’une signature déjà installée sur les radios américaines, dit quelque chose du basculement en cours : l’afrobeats n’est plus seulement importé par des featurings ponctuels, il fixe désormais ses propres règles de production, jusque dans ce piano minimaliste qui porte « Heaven Baby ».
Starrgirl, la confirmation d’une étoile
Sortie le 14 août via Mavin Records et Republic Records, « Starrgirl » est le troisième album de la chanteuse beninoise-nigériane, double nominée aux Grammy Awards dans la catégorie meilleure performance de musique africaine. Les seize titres de ce disque réunissent une liste de featurings à la mesure de son ascension, parmi lesquels Wizkid, Rema et Leon Thomas, en plus de ZAYN. L’album avait déjà marqué l’histoire du streaming nigérian en enregistrant le meilleur démarrage jamais réalisé par une artiste féminine sur Spotify Nigeria, avant de franchir la barre des 200 millions d’écoutes toutes plateformes confondues. whatlisten avait suivi l’annonce de l’album cet été, quand l’étoile montante de l’afropop s’apprêtait à viser plus haut encore.

Un rendez-vous historique à Londres
La prestation de ce dimanche, diffusée en clair au Royaume-Uni et retransmise dans le cadre d’un programme de sept spectacles de mi-temps organisés par la NFL sur ses matchs internationaux de la saison, dépasse le simple symbole. Elle place une artiste née au Bénin et installée au Nigéria devant un public mondial habitué aux superstars de la pop américaine, au moment précis où sa carrière franchit un nouveau palier commercial et critique. Entre un album qui continue de battre des records d’écoute et un duo qui installe durablement « Heaven Baby » dans les classements, Ayra Starr confirme que l’afrobeats n’a plus besoin de s’excuser d’occuper les plus grandes scènes.
Signée chez Mavin Records, le label nigérian qui a aussi lancé Rema ou Crayon, Ayra Starr s’était fait connaître en 2021 avec « Bloody Samaritan », avant que son deuxième album, « 19 & Dangerous », ne la propulse définitivement sur les scènes internationales. Cette trajectoire, construite d’abord sur les charts africains avant de conquérir l’Europe puis les États-Unis, est devenue un cas d’école pour toute une génération d’artistes du continent qui refusent désormais de choisir entre authenticité locale et ambition mondiale.
Pour une génération d’auditeurs qui découvrent l’afrobeats par ses croisements avec la pop occidentale, cette mi-temps londonienne pourrait bien devenir une référence, au même titre que les grands shows qui ont, avant elle, servi de tremplin à d’autres scènes longtemps restées en marge des late-shows et des stades américains.
