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Partisan Records

Trois ans après un premier album éponyme remarqué et deux ans après « If You Asked for a Picture », Sabrina Teitelbaum revient sous le nom de Blondshell avec « Violins », son troisième disque. L’album sort ce vendredi 25 septembre via Partisan Records, porté par un titre-titre partagé dès l’annonce du projet, fin juin.

D’un pseudo abandonné à la scène indé américaine

Née à New York en 1997 et élevée à Manhattan, Sabrina Teitelbaum a d’abord tenté sa chance sous le nom de BAUM, avec un EP, « Ungodly », publié en 2018. Le projet ne lui ressemblait pas vraiment : en 2020, en pleine pandémie, elle prend ses distances avec ce pseudonyme et se met à écrire ce qui deviendra Blondshell, un nom trouvé un soir avec sa sœur. Le premier single, « Olympus », sort en juin 2022, suivi d’une tournée en première partie de Suki Waterhouse, avant la sortie du premier album éponyme le 7 avril 2023 chez Partisan Records — déjà produit par Yves Rothman. Le disque est salué par la critique et figure dans plusieurs bilans des meilleurs albums de l’année.

Sortir la tête des histoires d’amour

Les deux premiers albums de Blondshell s’étaient construits en grande partie autour de relations amoureuses destructrices, un terrain que l’artiste connaît bien et qu’elle avait exploré avec une franchise rare. Sur « Violins », onze titres produits par Yves Rothman, elle élargit le cadre : amitiés abîmées, rapport au corps, religion, et la question plus large de la manière de tenir face à la violence du monde sans perdre le sens de la beauté.

« J’ai senti que je n’avais plus besoin de tout expliquer, que je pouvais faire confiance à ceux qui écoutent », confie-t-elle à propos de l’écriture de ce troisième disque. Elle évoque aussi des images de patience et de douceur qui l’ont guidée pendant l’écriture, et une fascination pour l’idée de guérir lentement, sans se laisser presser par personne.

Entre ces deux albums éponymes, il y a eu « If You Asked for a Picture », sorti le 2 mai 2025 et titré d’après un vers de la poétesse Mary Oliver. Blondshell y interrogeait le contrôle, la masculinité et le regard porté sur son propre corps, avec des morceaux comme « Event of a Fire », récit kaléidoscopique d’une soirée qui tourne mal, ou « T&A », sur la difficulté de vivre l’intimité en restant sobre. « Violins » prolonge cette exploration, mais déplace le centre de gravité : moins les mécanismes internes d’une seule personne, davantage la manière de rester entier face au monde extérieur.

Guitares, groove et références assumées

Musicalement, « Violins » assume des filiations qu’on n’attendait pas forcément chez Blondshell : le groove tendu de Gang of Four, la mélodie franche de Teenage Fanclub et de The Go-Betweens, jusqu’au velours soul de Sade. Le texte, lui, va chercher du côté de Leonard Cohen et de Pavement. Le disque, mixé par Beatriz Artola et masterisé par Emily Lazar, a été accueilli très favorablement par la presse spécialisée anglo-saxonne dès les premières écoutes.

Image extraite du clip officiel de Violins, de Blondshell
Blondshell dans le clip officiel de « Violins »

Une tournée pour l’automne et l’hiver

Blondshell repart sur les routes dès le mois d’octobre avec la tournée « Scaring Strangers », une vingtaine de dates prévues en Amérique du Nord, en Europe et au Royaume-Uni jusqu’en décembre. De quoi confirmer la place prise par l’artiste dans une scène indé anglo-saxonne particulièrement dense cette année, aux côtés de beabadoobee et son album « Pylon » ou de Paris Paloma et « The Fatal Flaw », deux autres autrices-compositrices qui ont fait de 2026 une année charnière pour le rock au féminin.

Image extraite du lyric video de Fur Elise, de Blondshell
Blondshell dans le lyric video de « Fur Elise », single précédent tiré de Violins

Avec « Violins », Blondshell confirme qu’elle n’est pas seulement la voix d’une génération abîmée par de mauvaises histoires d’amour : c’est une songwriter qui grandit disque après disque, et qui semble, pour la première fois, écrire depuis un endroit un peu plus apaisé.