Il aura fallu deux ans à peine pour que KATSEYE passe du statut de curiosité télévisée à celui de l’un des groupes pop les plus commentés de la planète. Ce 14 août 2026, le sextet publie « WILD », son troisième EP, chez HYBE et Geffen Records. Six titres, un clip qui affole déjà les plateformes, un documentaire sorti au cinéma deux jours plus tôt et une première tournée mondiale complète avant même la sortie du disque : rarement un mini-album aura été aussi bien orchestré.

    Trois titres phares pour un EP taillé pour l’été

    La stratégie de « WILD » tient en un mot : l’évidence. Plutôt que de miser sur un single unique, KATSEYE a dégainé trois titres phares échelonnés dans le temps. « PINKY UP », sorti au printemps, puis « Animal » en juillet, avaient déjà installé le terrain ; « Hootie Frutti » vient boucler la boucle le jour de la sortie. À leurs côtés, « Bel Air » et « That Way » complètent une tracklist courte et sans temps mort, pensée pour tourner en boucle des festivals aux playlists estivales. Certaines éditions ajoutent un bonus, « Unloveu », coécrit par la membre Lara Raj.

    KATSEYE, « PINKY UP »
    KATSEYE, « PINKY UP »

    Cette architecture en triple locomotive traduit une confiance nouvelle. Après l’EP « BEAUTIFUL CHAOS » et le carton « Gabriela » qui les avaient révélées au grand public, les six chanteuses — Daniela, Lara, Manon, Megan, Sophia et Yoonchae — ne cherchent plus à convaincre qu’elles existent : elles installent une signature. On la retrouve dans cette manière d’enchaîner les registres, de la pop acidulée au R&B plus sombre, sans jamais perdre le fil mélodique.

    « Hootie Frutti », le clip qui met le feu aux plateformes

    Difficile de passer à côté du morceau qui donne le ton. « Hootie Frutti » lorgne du côté du phonk brésilien, cette déferlante rythmique venue des soirées de São Paulo, et l’habille de couleurs pop saturées. Le clip, réalisé par Alfred Marroquin, transforme le titre en fête clandestine où le groupe mène la danse, chorégraphie carrée et tenues fluo à l’appui. Le résultat s’est immédiatement classé parmi les meilleures entrées mondiales sur les classements de streaming, confirmant que KATSEYE sait fabriquer des images autant que des refrains.

    KATSEYE, « Hootie Frutti » (clip officiel)
    KATSEYE, « Hootie Frutti » (clip officiel)

    Cette appétence pour le mouvement et l’esthétique n’est pas neuve. Le groupe avait déjà fait de « Internet Girl » un hymne à notre vie en ligne, et revendiquait ouvertement Charli XCX comme inspiration — dont on suivait justement récemment le virage rock de « Music, Fashion, Film ». « WILD » prolonge cette filiation d’une pop pop-culture, nourrie d’images et de références, mais toujours chantée à six voix.

    Un documentaire au cinéma pour raconter l’envers du décor

    Signe que KATSEYE ne se pense plus seulement comme un groupe mais comme un phénomène, la sortie de l’EP a été précédée, le 12 août, par celle d’un documentaire en salles : « WILD HEARTS ». Derrière la caméra, on trouve Nadia Hallgren, réalisatrice reconnue pour ses portraits de Michelle Obama et de Victoria Beckham. Le film mêle coulisses inédites et vidéos de fans, et raconte l’ascension express d’un groupe né d’une émission de télé-crochet produite par HYBE et Geffen, avant de devenir une communauté mondiale.

    Une première tournée mondiale déjà complète

    Le dernier étage de la fusée s’appelle The Wildworld Tour. La première tournée mondiale du groupe s’ouvre le 1er septembre 2026 à Dublin, à la 3Arena, et se referme le 28 novembre à Mexico, après trente et une dates réparties entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Les billets se sont envolés en moins de quarante-huit heures, un score qui place déjà KATSEYE dans la cour des têtes d’affiche capables de remplir des arénas sur deux continents.

    KATSEYE, « Animal »
    KATSEYE, « Animal »

    Reste la vraie question, celle qui attend tous les groupes propulsés aussi vite : la durée. « WILD » n’apporte pas encore la réponse d’un grand album ambitieux, mais il coche toutes les cases d’un été réussi — des titres qui s’installent, une esthétique reconnaissable et une machine live qui tourne à plein régime. Pour un groupe qui n’a pas trois ans d’existence, c’est déjà une démonstration. Le prochain défi sera de transformer l’enthousiasme en catalogue.

    Simon Janvier

    J'aime la musique, toutes les musiques. Je profite donc de mes interventions sur ce blog pour partager avec vous l'histoire de titres qui m'ont marqué. Mes critères de choix sont l'émotion, la singularité ou les conditions particulières de l'enregistrement.