On l’attendait, il est là. Le 24 juillet, The Strokes ont fait paraître « Reality Awaits », leur septième album studio et surtout leur premier disque depuis « The New Abnormal », récompensé d’un Grammy en 2020. Six années de silence discographique, quelques concerts épars, une poignée d’indices lâchés au compte-gouttes : le come-back du quintet new-yorkais figurait parmi les rendez-vous les plus scrutés de l’été rock.
Publié chez RCA et Cult Records, le label du chanteur Julian Casablancas, l’album marque une première : c’est Rick Rubin qui en tient la production. Le choix n’a rien d’anodin. Connu pour sa manière de ramener les groupes à l’essentiel, le producteur pousse ici The Strokes vers un rock resserré, sans gras, où chaque idée doit gagner sa place.
Un disque court, taillé pour l’essentiel
Neuf morceaux, quarante-deux minutes : « Reality Awaits » ne s’éternise pas. Là où certains retours misent sur l’accumulation, The Strokes font le pari inverse. Les guitares entrelacées d’Albert Hammond Jr. et Nick Valensi, la basse ronde de Nikolai Fraiture et la frappe nerveuse de Fabrizio Moretti retrouvent ce tranchant qui avait fait la légende du groupe au début des années 2000, sans renier les échappées plus pop de la dernière décennie. Des titres comme « Lonely in the Future » ou « Tyrants of the Mellow Moon » disent bien cette tension entre nostalgie et envie d’avancer.

De « Going Shopping » à « Falling Out of Love »
Deux singles avaient balisé le terrain avant la sortie. « Going Shopping », paru en avril, a donné le ton : riff accrocheur, refrain qui s’installe vite, et un clip qui joue la carte de l’humour en rendant hommage au « You Can Call Me Al » de Paul Simon — l’acteur Walton Goggins y reprend le rôle autrefois tenu par Chevy Chase. « Falling Out of Love », dévoilé en mai, montrait une facette plus mélancolique, preuve que l’album ne joue pas sur un seul registre.


Un retour qui compte
Reste à situer « Reality Awaits » dans une discographie déjà dense. Après un « The New Abnormal » qui avait relancé l’intérêt autour du groupe, la question était de savoir si The Strokes avaient encore quelque chose à prouver. La réponse tient dans la concision du disque : pas de démonstration, pas de morceau de trop, juste un groupe qui assume ce qu’il sait faire de mieux. whatlisten avait d’ailleurs annoncé ce retour quelques jours avant la sortie ; l’attente, cette fois, n’aura pas été déçue.
Dans un été rock déjà chargé, entre le nouveau Jack White et les annonces en cascade, ce septième album des Strokes s’impose comme l’un des disques à ne pas manquer. Reste le plus important : la musique. Jugez-en par vous-même avec le clip de « Going Shopping ».







