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Pochette de l’album « Rite Cruel » — Bernard Lavilliers / Barclay

À bientôt quatre-vingts ans et plus d’un demi-siècle de carrière, Bernard Lavilliers n’a rien perdu de son appétit. Le chanteur stéphanois annonce « Rite Cruel », un nouvel album attendu le 23 octobre chez Barclay, et vient d’en dévoiler le premier extrait, « Coriace », porté par un clip. Une tournée suivra, avec deux dates au Zénith de Paris début 2027.

Cinq ans après « Sous un soleil énorme »

« Rite Cruel » arrive environ cinq ans après « Sous un soleil énorme », paru en 2021. Pour un artiste qui a débuté à la fin des années 1960, c’est un nouveau chapitre d’une discographie qui a traversé toutes les décennies de la chanson française, du succès populaire de « On the Road Again » aux ballades habitées comme « Idées noires » ou « Le Venin ». À chaque disque, la même méthode : des chansons de baroudeur, nourries de voyages, de ports et de rencontres, portées par une voix grave devenue reconnaissable entre mille.

Le titre de l’album, « Rite Cruel », dit assez la couleur d’un artiste qui n’a jamais séparé la chanson de son regard sur le monde. Depuis toujours, Lavilliers mêle intime et politique, tendresse et colère, réalisme social et échappées vers l’ailleurs — l’Amérique latine, l’Afrique, le Brésil et le reggae jamaïcain, qu’il a fait entrer très tôt dans la chanson française.

« Coriace », un premier extrait qui donne le ton

« Coriace » est le premier single tiré de l’album. Le mot lui va comme un gant : c’est celui d’un homme qui a été ouvrier en usine, boxeur amateur et grand voyageur avant de devenir l’une des figures les plus singulières de la chanson hexagonale, et qui continue d’écrire et de tourner alors que beaucoup de ses contemporains ont raccroché. Le clip, mis en ligne récemment, accompagne cette sortie et confirme que le retour se veut à la fois sobre et frontal.

Visuel du single Coriace de Bernard Lavilliers
Visuel du single « Coriace » — Bernard Lavilliers / Barclay

Une voix debout, toujours en mouvement

Ce qui frappe, chez Lavilliers, c’est la constance. Là où l’industrie pousse aux sorties rapides et aux formats courts, il continue de penser en albums, de soigner ses textes et de défendre une chanson à hauteur d’homme. Cette fidélité à une certaine idée du métier fait de « Rite Cruel » un événement pour tout un public qui l’a suivi de scène en scène, des Zéniths aux festivals d’été, depuis des décennies.

Ce retour rejoint d’ailleurs un mouvement plus large : celui d’une chanson française qui assume son histoire et sa langue. Au même moment, Mylène Farmer défend elle aussi le français dans son nouveau single, tandis que le patrimoine du rock hexagonal reste très vivant, comme le rappelle notre sélection consacrée à Téléphone en dix chansons.

Une tournée qui passera par le Zénith de Paris

La sortie de « Rite Cruel » sera suivie d’une tournée à partir de janvier 2027. Deux dates sont d’ores et déjà attendues au Zénith de Paris, les 4 et 5 mars 2027 — l’occasion de retrouver sur scène un artiste dont les concerts, mélange de récits, de gouaille et de morceaux devenus des classiques, restent un rendez-vous à part dans le paysage français. En attendant l’album, « Coriace » donne déjà le ton.