Pochette de Destinee, Aya Nakamura / Warner Music France
Aya Nakamura a donné deux concerts à guichets fermés au Centre Bell de Montréal, les 24 et 25 octobre, dans le cadre de la tournée de son cinquième album, Destinée. Un retour en force pour la chanteuse française, trois ans après son dernier passage dans la métropole québécoise, à l’occasion du festival Osheaga.
Près d’une heure quarante et une trentaine de titres
Sur scène, Aya Nakamura a enchaîné une trentaine de titres en près d’une heure quarante, entre les incontournables qui ont fait sa notoriété internationale et les morceaux plus récents issus de Destinée, sorti l’an dernier chez Warner Music France. La mise en scène s’appuyait sur trois écrans, dont des images captées en direct par un caméraman présent sur scène, pour rapprocher le public du moindre détail de la performance.
Le moment fort de la soirée du 25 octobre est venu d’une apparition surprise : le chanteur Corneille a rejoint Aya Nakamura sur scène pour interpréter ensemble « Avec classe ». Une rencontre entre deux générations de la chanson francophone qui a marqué les spectateurs présents, et qui illustre la position particulière qu’occupe désormais Aya Nakamura dans le paysage musical francophone, bien au-delà des frontières françaises.

« Destinée », un album pensé pour durer
Sorti en novembre dernier, Destinée compte dix-huit titres et réunit des featurings venus de plusieurs scènes internationales, de la Colombo-Américaine Kali Uchis à la Jamaïcaine Shenseea, en passant par le Franco-Haïtien Joé Dwèt Filé et la chanteuse R&B française Kany. Cette diversité de collaborations illustre la volonté d’Aya Nakamura de s’inscrire dans un circuit pop mondial plutôt que de rester identifiée au seul marché francophone, à la manière d’une Rihanna ou d’une Rosalía qui multiplient elles aussi les ponts entre scènes linguistiques.
Le single « No Stress », porté par un clip où elle partage l’affiche avec l’acteur Nassim Lyes, vu récemment dans le film « Sous la Seine », en est l’un des titres les plus marquants de l’album : un morceau à l’ambiance afrobeat décomplexée, pensé comme un prélude léger à l’ère actuelle de la chanteuse, après le ton plus offensif du clip de « Désarmer », précédent extrait de Destinée. Le titre avait d’abord été interprété en direct à la télévision lors d’un prime de Star Academy, avant la sortie du clip.
La tournée qui a fait étape à Montréal confirme la stratégie assumée par Aya Nakamura depuis plusieurs années : construire sa carrière à l’échelle internationale plutôt que de se cantonner au seul marché français. Après avoir rempli le Stade de France sur deux soirs au printemps dernier, elle est devenue la troisième artiste francophone, après Céline Dion et Mylène Farmer, à se produire dans cette enceinte. Les deux salles combles du Centre Bell confirment que cette dynamique se prolonge de l’autre côté de l’Atlantique, dans un Québec francophone où son répertoire résonne particulièrement fort.
L’année 2026 aura décidément été faste pour Aya Nakamura, qui s’est aussi retrouvée en tête des nominations aux NRJ Music Awards 2026 quelques mois avant cette tournée nord-américaine. De quoi confirmer, concert après concert et cérémonie après cérémonie, le statut d’artiste française la plus exportée de sa génération.
