FKJ, « Tyber » (Mom+Pop)
C’est l’un des rendez-vous français les plus attendus de la rentrée. Le 11 septembre 2026, le producteur et multi-instrumentiste FKJ — de son vrai nom Vincent Fenton — publie « Tyber », un album de douze titres qui prolonge sa soul électronique tout en s’ouvrant à des invités de premier plan, de Labrinth à Bas en passant par Baby Rose.
FKJ, le Français que le monde entier écoute
Derrière les trois lettres FKJ — pour French Kiwi Juice — se cache l’un des musiciens français les plus exportés de sa génération. Révélé par des sessions live où on le voit passer, seul, du saxophone au clavier, de la basse à la guitare, il a bâti une audience mondiale sans jamais forcer le trait : des vidéos vues des centaines de millions de fois, des salles pleines des États-Unis à l’Asie, et une signature immédiatement reconnaissable, à la lisière du jazz, de la soul et de l’électronique.
« Tyber » ne trahit pas cette identité ; il la densifie. Là où ses premiers disques célébraient surtout sa virtuosité de multi-instrumentiste, celui-ci met en avant l’écriture, les voix et une vraie ambition de chansons, autour de thèmes qui reviennent en boucle : la solitude, l’introspection et le besoin de lien.
On rappelle que FKJ s’est d’abord fait connaître par ses vidéos où il enregistre, en une seule prise et sans filet, tous les instruments d’un morceau. Cette approche artisanale, presque contre-courant à l’époque du tout-numérique, a fini par devenir sa marque de fabrique et lui a ouvert les scènes du monde entier, des festivals américains aux salles asiatiques. Sa collaboration avec Masego, « Tadow », reste l’une des vidéos musicales françaises les plus vues de la dernière décennie. C’est fort de ce capital de confiance qu’il se permet aujourd’hui un album plus chanté, plus écrit, et plus ouvert aux autres.
Un album de rencontres
La grande nouveauté, c’est la place laissée aux featurings. Sur douze morceaux, FKJ s’entoure comme jamais : le Britannique Labrinth sur « Little Little Voice », le rappeur américain Bas de la Dreamville sur « Heavy Heart », la chanteuse Baby Rose sur « Burst », ou encore Eryn Allen Kane et Lucy Park. Une manière d’élargir sa palette sans se diluer, chaque invité venant colorer un univers qui reste, de bout en bout, celui de FKJ.

Le premier extrait, « Soulmates », paru dès le début de l’été, donne le ton : une production chaude et enveloppante, un clip signé Balan Evans qui met en images la tension entre solitude et connexion. Le morceau installe l’atmosphère feutrée de l’album, à mille lieues des tubes formatés : on est ici dans une musique de textures, de respirations, faite pour être écoutée en entier.
Pourquoi ça compte
À l’heure où la scène française rayonne surtout par son rap et sa pop urbaine, FKJ rappelle qu’il existe une autre voie d’exportation : celle d’un musicien de studio, discret, qui parle au monde sans passer par les codes du hit. On le range volontiers aux côtés d’autres Français qui ont conquis l’international par l’électronique, de l’héritage d’un Kavinsky aux collectifs mis en lumière par les sessions de Cercle. « Tyber » n’est pas un album qui cherche à faire du bruit ; c’est un album qui prend le temps, et c’est précisément ce qui le rend précieux.
