Jul, rappeur marseillais, en 2026
    Photo : Tigrouas135, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

    Il y a des carrières que l’on mesure en albums, et il y a celle de Jul, que l’on mesure en records. Le rappeur marseillais a passé 2026 à empiler les preuves de sa domination, jusqu’à en faire une évidence : personne, en France, ne réunit autant de monde ni ne génère autant d’écoutes que lui. Et l’été n’a rien ralenti.

    Deux Stade de France, puis le Vélodrome

    Le printemps a donné le ton. Les 15 et 16 mai, Jul a rempli deux fois le Stade de France, deux soirs à guichets fermés qui ont fait parler d’un véritable record d’affluence pour l’enceinte francilienne. Sur scène, le Marseillais n’était pas seul : Théodora, Naza, PLK, Gradur, Morad, Houari ou encore Kendji sont venus prêter main-forte à un spectacle-fleuve de plus de deux heures.

    Comme si deux Stade de France ne suffisaient pas, l’artiste a enchaîné avec son jardin, l’Orange Vélodrome, les 29 et 30 mai, devant un public marseillais chauffé à blanc. Une séquence qui, à elle seule, résume la place unique de Jul dans la musique française : celle d’un artiste capable de transformer chaque concert en événement national.

    « Oubliez-moi », 26e album… et toujours numéro un

    Dans la foulée de cette tournée des stades, Jul a sorti le 15 mai « Oubliez-moi », son vingt-sixième album studio. Vingt-sixième : le chiffre donne le vertige, et il dit tout de la méthode Jul, une cadence de production que personne d’autre ne tient à ce niveau. Porté par son propre label, D’or et de platine, le disque s’est installé en tête des ventes dès sa sortie, fidèle à un scénario devenu presque routinier pour le Marseillais.

    L’indépendance, justement, est l’une des clés de l’histoire. En s’affranchissant des majors pour bâtir sa propre structure, Jul a pris le contrôle total de sa carrière : rythme des sorties, choix artistiques, relation directe avec un public qui lui reste d’une fidélité hors norme. Résultat, un catalogue tentaculaire dans lequel chaque nouvel album vient nourrir un fleuve déjà immense.

    Au-delà des chiffres, il y a aussi une identité. Jul a imposé un univers reconnaissable entre mille, de sa soucoupe volante devenue emblème à un argot marseillais qu’il a fait entrer dans la langue courante. En fédérant les rappeurs de sa ville autour du projet collectif « 13’Organisé », il a même prouvé qu’il pouvait dépasser sa propre carrière pour porter toute une scène. Chez lui, la réussite n’est jamais seulement personnelle : c’est celle d’un quartier, d’une ville, d’une communauté.

    Un été toujours parfumé

    La preuve que la machine ne s’arrête jamais ? Cet été encore, Jul figure dans le haut des classements français, notamment avec « Parfum quartier », qui continue de tourner sur les plateformes et à la radio bien après la sortie de l’album. Pendant que d’autres cherchent le tube d’un été, lui semble en avoir un en réserve pour chaque saison.

    Reste une question, presque philosophique quand on parle de Jul : où s’arrête ce cycle ? À voir l’enchaînement des stades, des albums et des titres qui s’installent, la réponse tient en une image, celle d’un artiste qui a cessé depuis longtemps de courir après les records pour se contenter, désormais, de battre les siens. On vous laisse avec l’un des clips de « Oubliez-moi ».