Virgin Music / Universal
Benjamin Biolay retrouve la scène parisienne cette semaine. Le chanteur donne deux concerts au Zénith de Paris – La Villette, les 5 et 6 novembre, pour ouvrir le volet électrique d’une tournée entamée en janvier dans un format acoustique. Au programme : une relecture en groupe de Le Disque Bleu, son onzième album, sorti il y a un an et resté depuis au cœur de son répertoire de scène.
Un disque bossa nova hanté par Gainsbourg
Le Disque Bleu est un double album de 24 titres, écrit et enregistré entre Paris, Sète, Bruxelles, Buenos Aires et Rio de Janeiro. Benjamin Biolay y pousse plus loin que jamais son goût pour la bossa nova et les musiques latino-américaines, tout en multipliant les clins d’œil à Serge Gainsbourg et à son Histoire de Melody Nelson, référence revendiquée depuis le début de sa carrière. Le titre de l’album, disait-il à sa sortie, renvoie à sa « période bleue », entre la couleur du ciel, celle de la mer et celle des peintures murales d’Amérique latine qui l’ont marqué pendant l’écriture.
Deux extraits avaient accompagné l’annonce du disque : « Adieu Paris », porté par un refrain bossa nova mélancolique où le chanteur fait ses adieux à la capitale, et « Juste avant de tomber », plus symphonique. L’album, deuxième au classement SNEP à sa sortie, compte aussi « Le penseur », « 15 octobre » ou encore « Les trois amis » parmi ses titres les plus repris en concert.

Un homme-orchestre de la chanson française
À 52 ans, Benjamin Biolay n’est plus seulement l’auteur d’une discographie solo entamée en 2001 avec Rose Kennedy. Multi-instrumentiste et producteur très sollicité, il a coécrit et composé pour une large partie de la chanson française contemporaine, de Chiara Mastroianni, avec qui il a enregistré plusieurs duos et albums communs, à Vanessa Paradis ou Clara Luciani. Cette double casquette d’interprète et de bâtisseur de chansons pour les autres explique en partie la densité d’écriture qui caractérise Le Disque Bleu, où chaque titre semble pensé comme une pièce à part entière plutôt que comme un remplissage d’album.
Une tournée pensée en deux temps
Plutôt que d’enchaîner une tournée classique, Benjamin Biolay a choisi de scinder la défense scénique de Le Disque Bleu en deux volets bien distincts. Le premier, acoustique, s’est déroulé de janvier à mai, dans des salles plus intimistes. Le second, électrique, a démarré le 1er octobre au 106 de Rouen avec son groupe au complet, pour une vingtaine de dates qui doivent le mener, après Paris, au Zénith de Nantes Métropole le 10 novembre puis à celui de Lille en décembre.
Cette façon de faire vivre un même disque sur près d’un an, en changeant de format plutôt qu’en se contentant de rejouer les mêmes arrangements, est devenue une habitude chez Benjamin Biolay, qui soigne autant la mise en scène de ses tournées que l’écriture de ses albums. De quoi laisser penser que Le Disque Bleu n’a pas fini d’occuper ses soirées de scène, ni celles de son public.
Sur scène, le passage au format électrique change sensiblement la couleur des morceaux : les arrangements de cordes et de cuivres qui habillent certains titres du disque laissent place à un son de groupe plus direct, pensé pour les grandes salles. Le Zénith de Paris – La Villette, où Benjamin Biolay s’est déjà produit à plusieurs reprises au fil de sa carrière, reste l’un des passages obligés de toute tournée d’ampleur dans la capitale, et la double date de cette semaine confirme que Le Disque Bleu s’est installé comme l’un des albums les plus solides de sa carrière récente.
