Il y a des groupes dont chaque nouvel album ressemble à des retrouvailles. Weezer fait partie de ceux-là. Le vendredi 21 août, la formation californienne menée par Rivers Cuomo publie « The Gold Album », un disque de dix titres qui marque son premier album studio en quatre ans. De quoi replacer l’un des noms les plus attachants du rock américain au cœur de l’actualité, à l’heure où plusieurs de ses contemporains renouent eux aussi avec les studios.
Un nouvel « album couleur », et une petite révolution
Depuis le « Blue Album » de 1994, Weezer a pris l’habitude de baptiser plusieurs de ses disques de son seul nom, que les fans distinguent par une couleur : le vert, le rouge, le blanc, le turquoise… « The Gold Album » prolonge cette tradition devenue une signature. Avec une nouveauté de taille : c’est la première fois qu’une de ces pochettes auto-intitulées ne montre pas le visage du groupe. Un choix graphique qui, mine de rien, dit quelque chose d’une formation soucieuse de se réinventer après trois décennies de carrière.

Quatre ans d’absence, des crédits repartagés
Le dernier grand rendez-vous discographique du groupe remontait à 2022 et à la série « SZNZ », quatre mini-albums calqués sur les saisons. Depuis, plus d’album complet à l’horizon. « The Gold Album » referme cette parenthèse, et il le fait en bousculant quelques habitudes. Là où Rivers Cuomo tient traditionnellement la plume, plusieurs titres portent cette fois la marque du batteur Patrick Wilson et du guitariste Brian Bell : une écriture plus collective pour un groupe qui, sur le papier, ressemblait souvent à un projet solo déguisé. À la production, on retrouve Kenny Beats et le Suédois Klas Åhlund, deux profils venus d’univers différents qui en disent long sur l’envie d’ouvrir le son.
Trois singles pour préparer le terrain
Le disque n’arrive pas de nulle part. Weezer a distillé son retour au compte-gouttes depuis le printemps. « Shine Again » a ouvert le bal le 1er avril, power-pop lumineuse taillée pour l’été. Le 3 juin, « We Might as Well Be Strangers » a créé la surprise en invitant Karly Hartzman, chanteuse du groupe Wednesday, pour un duo à la mélancolie douce-amère — le morceau accueille aussi la pedal steel de Xandy Chelmis. Début août, enfin, « C.E.O. » est venu resserrer les rangs à quelques semaines de la sortie.

Dans sa version définitive, « The Gold Album » aligne dix titres pour une petite demi-heure de musique, un format resserré fidèle à l’ADN du groupe :
- Say Yes
- Shine Again
- Don’t Make It Weird
- We Might as Well Be Strangers (feat. Wednesday)
- C.E.O.
- Hoops
- Nowhere
- The Show Must Go On
- Up in the Clouds
- The LA Sound
Un retour qui n’a rien d’isolé
Le come-back de Weezer s’inscrit dans un mouvement plus large : après The Strokes, Beck ou encore Muse, toute une génération de groupes qui a marqué les années 1990 et 2000 réoccupe le devant de la scène en 2026. Signe, peut-être, que le rock de guitares n’a pas dit son dernier mot. Le groupe accompagnera d’ailleurs le disque sur la route : une tournée baptisée « The Gathering », annoncée au printemps, s’est enrichie cet été de dates internationales.
Reste à savoir si « The Gold Album » tiendra la promesse de ses singles. Réponse vendredi. En attendant, le clip de « We Might as Well Be Strangers » donne déjà le ton de ce Weezer millésime 2026 :







