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Pochette officielle — Universal Music

On l’avait découverte au piano et aux synthés, la voix grave et le verbe habité. On la retrouve désormais entourée d’un orchestre au grand complet. Zaho de Sagazan a confié son premier album, « La Symphonie des éclairs », à l’Orchestre National de Lyon pour en livrer une relecture entièrement symphonique — une manière de prolonger, en grand format, le disque qui a fait d’elle l’une des voix les plus singulières de la nouvelle chanson française.

De l’électro-pop à l’orchestre

Il faut rappeler d’où vient ce disque. Sorti le 31 mars 2023, « La Symphonie des éclairs » est le premier album de la chanteuse originaire de Saint-Nazaire. On y entend une pop électronique de chambre, nourrie de synthétiseurs des années 1980 et de chanson à texte, où les mots comptent autant que la musique. Des titres comme « Les dormantes » ou la chanson-titre y installent une écriture sombre, précise, très physique.

La version orchestrale, baptisée « Orchestral Odyssey », reprend ces morceaux et les recompose avec l’Orchestre National de Lyon, dirigé par Dylan Corlay, à partir d’un concert capté à l’Auditorium de Lyon. Là où l’électro tremblait, ce sont désormais les cordes qui vibrent, les cuivres qui montent et les nappes du thérémine qui viennent hanter les refrains. Le geste n’a rien d’un simple habillage : il rejoue le disque en profondeur, et prouve que ces chansons tenaient déjà de la partition.

Zaho de Sagazan dans le clip La symphonie des éclairs
Capture du clip officiel — Zaho de Sagazan

Une voix révélée aux Victoires

Si ce passage au symphonique impressionne, c’est parce que Zaho de Sagazan n’est plus une inconnue. En février 2024, aux 39es Victoires de la musique, elle rafle quatre récompenses d’un coup, dont celle de l’album de l’année et de la révélation scène. Un raz-de-marée rare pour une artiste dont c’était le premier disque, et qui la propulse en quelques mois du statut d’espoir à celui de figure incontournable.

Sa filiation, on la trouve du côté des grandes voix habitées de la chanson française et de la pop électronique européenne. Elle s’inscrit dans une lignée de retours et de réinventions qui rythment l’actualité de l’automne, aux côtés d’autres artistes de premier plan comme Mylène Farmer ou Angèle, chacune à sa manière.

Une bête de scène

Car c’est sur scène que Zaho de Sagazan a vraiment imposé sa présence. Le grand public l’a découverte lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Paris 2024, où elle a repris « Sous le ciel de Paris » devant des centaines de millions de téléspectateurs. Quelques mois plus tôt, à l’ouverture du Festival de Cannes, elle avait déjà marqué les esprits avec une reprise de David Bowie. À chaque fois, la même intensité, le même sens du geste.

Zaho de Sagazan sur scène
Photo : Wikimedia Commons (CC BY)

En confiant son premier album à un orchestre national, la chanteuse ne se contente pas de fêter un succès : elle affirme une ambition, celle d’installer sa musique dans la durée et de la faire dialoguer avec les grandes formations. Pour un public qui l’a d’abord connue casque sur les oreilles, c’est l’occasion de redécouvrir « La Symphonie des éclairs » comme on écoute une œuvre — du début à la fin, et le volume à fond.