Aller au contenu

Pochette officielle - Atlantic Records

C’est l’un des retours les plus attendus de cette fin d’été. Alex Warren, révélé au grand public par le raz-de-marée « Ordinary », a publié le 28 août Wildchild, son deuxième album chez Atlantic Records. Treize titres, un peu moins de quarante minutes, et un fil rouge intime : le deuil de ses parents et l’amour de sa femme, Kouvr Annon. Un disque de pop à hauteur d’homme, où le tube côtoie la confession.

Un album né d’un deuil et d’un amour

Le titre de l’album n’a rien d’anecdotique : Wildchild, « enfant sauvage », reprend le surnom que lui donnait son père. Tout au long du disque, des bribes d’enregistrements de la voix paternelle s’invitent entre les morceaux, transformant l’écoute en album de famille autant qu’en album de pop. Alex Warren a perdu ses deux parents jeune, et cette béance irrigue chaque chanson, du regret le plus nu à la gratitude. Loin de s’enfermer dans la tristesse, le chanteur en fait une matière lumineuse, portée par des chœurs quasi gospel et des refrains taillés pour les stades.

L’autre grande présence du disque, c’est Kouvr Annon, sa femme, à qui il adresse plusieurs déclarations frontales. « Rescuer », sorti quelques semaines avant l’album, en est la plus explicite : un remerciement à celle qui l’a, dit-il, sorti de l’ombre. On avait déjà détaillé ce single au moment de sa sortie (à relire ici), et il prend une tout autre dimension une fois replacé au cœur de l’album.

De « Ordinary » à « Wildchild » : la confirmation

Il y a un an à peine, Alex Warren n’était encore, pour beaucoup, qu’un visage des réseaux passé à la chanson. Puis « Ordinary » a tout balayé, s’installant durablement en tête des classements des deux côtés de l’Atlantique et faisant de lui l’une des plus grosses révélations pop de la décennie. Le pari de Wildchild était donc clair : prouver qu’il y avait un artiste, et pas seulement un tube, derrière le phénomène. Le disque répond en assumant une palette plus large, entre folk à guitare, envolées soul et clins d’œil à la grande variety américaine.

Pochette du single Fever Dream d Alex Warren
« Fever Dream », premier extrait de l’album. Crédit : Atlantic Records

Nile Rodgers et John Mayer, invités de marque

Pour un deuxième album, la liste des invités en dit long sur l’ambition. En ouverture, « Emerald Eyes » porte la signature de Nile Rodgers, légende de Chic dont la guitare rythmique a façonné quarante ans de tubes : un parrainage qui ancre le disque dans une filiation disco et pop assumée. En clôture, le morceau-titre « Wildchild » bénéficie de l’apport de John Mayer, dont le jeu de guitare vient envelopper la chanson la plus longue et la plus à vif du disque. Entre ces deux bornes, la production reste tenue par Adam Yaron, fidèle collaborateur du chanteur.

Les singles qui ont balisé la route

Wildchild ne déboule pas de nulle part : quatre singles l’ont annoncé sur près de sept mois. « Fever Dream » a ouvert le bal en février, autour d’un piano nerveux et d’un souvenir : celui de sa rencontre avec Kouvr. Ont suivi « Fine Place to Die » au printemps, « Passenger » au début de l’été, puis « Rescuer » en août, comme un compte à rebours amoureux. Sur la durée de l’album, ces titres trouvent leur place au milieu de morceaux plus secrets comme « I Miss You More » ou « Only Thing Left », qui disent le manque sans emphase.

La critique, elle, se montre partagée : on salue la sincérité et l’honnêteté émotionnelle du disque, tout en pointant une certaine uniformité de production, comme si chaque refrain avait été calibré pour la répétition en boucle. Reste que Wildchild tient sa promesse la plus importante : donner de la chair à un artiste que beaucoup n’attendaient que sur un seul tube. Pour s’en convaincre, le clip de « Fever Dream » reste la meilleure porte d’entrée.