Pochette du single « Une seule vie » — Angèle / Universal
Angèle tient la barre de la rentrée. Son single « Une seule vie », sorti fin août, grimpe désormais dans le Top 5 des ventes en France et prépare le terrain d’un événement très attendu : la chanteuse belge publiera le 16 octobre 2026 son troisième album, « Instinct ». Un disque qui s’annonce comme le plus électronique de sa carrière.
Un virage électro assumé
Révélée en 2018 avec l’album « Brol », confirmée en 2021 par « Nonante-Cinq », Angèle Van Laeken est devenue en quelques années l’une des artistes francophones les plus écoutées, en France comme en Belgique. Avec « Une seule vie », elle change nettement de couleur. Fini, en partie, le piano-voix qui a fait sa signature : le morceau pousse vers l’électro, avec des nappes de synthés et un rythme plus club, tout en gardant des paroles introspectives et une manière bien à elle de se poser des questions.
Ce virage n’est pas un simple effet de production. Il se lit dans la liste des invités de l’album « Instinct », qui réunit des noms forts de la scène électronique : le duo français Justice, les Belges de Soulwax, l’Américaine Caroline Polachek et le producteur SebastiAn. Un casting qui dit clairement l’intention : faire dialoguer la chanson pop et les musiques de danse, sans renoncer à l’écriture personnelle. Le titre a été façonné avec Tristan Salvati, son complice de longue date.

Le titre de l’album, « Instinct », résume bien l’état d’esprit. Après deux disques très commentés et une exposition médiatique intense, Angèle semble vouloir se laisser guider par l’envie plutôt que par les attentes. C’est aussi ce que raconte « Une seule vie » : l’idée de profiter du moment, de ne pas tout calculer, portée par une production qui donne envie de bouger autant que de réfléchir.
Une rentrée à toute vitesse
« Une seule vie » est déjà la troisième sortie d’Angèle en six mois, après « Dis-le » et « What you want ». La chanteuse a donc choisi d’installer son retour par petites touches, en multipliant les singles avant l’album, plutôt que de tout miser sur une seule annonce. La stratégie fonctionne : le morceau s’installe dans le haut des classements et confirme que le public l’attend.
Pour la comprendre, il faut se souvenir de la place qu’occupe Angèle dans la pop francophone. Elle chante en français, remplit les grandes salles, et parle à un public très large, des adolescents aux familles. Son retour se joue donc à un niveau comparable à celui des plus grandes stars internationales, avec une différence de taille : elle le fait dans sa langue, et avec une identité qui lui appartient. D’autres artistes francophones vivent en ce moment le même genre de moment charnière, comme Charlotte Cardin ou Zaho de Sagazan.
Ce choix d’ouvrir sa musique à la piste de danse n’est pas anodin pour une artiste souvent rangée du côté de la variété et de la pop douce. En s’entourant de producteurs venus du monde du club, Angèle prend un risque : celui de surprendre une partie de son public habitué aux ballades. Mais c’est aussi une façon de montrer qu’elle refuse de se figer dans une formule, à un moment où beaucoup d’artistes de sa génération cherchent, elles aussi, à se réinventer.
Ce qu’il faut retenir avant l’album
« Instinct » comptera treize titres et paraîtra le 16 octobre. D’ici là, « Une seule vie » sert de première carte de visite : plus électro, plus rythmée, mais toujours traversée par les doutes et les élans qui font le sel de l’écriture d’Angèle. Si la suite tient les promesses de ce single, l’automne francophone pourrait bien lui appartenir. En attendant, le clip officiel donne un premier aperçu de cette nouvelle direction.
