Bad Bunny bouleverse les Grammys 2026 avec un message politique fort

    Lors de la cérémonie des Grammy Awards organisée à Los Angeles le dimanche 1er février, Bad Bunny a transformé sa montée sur scène en véritable prise de position politique. Sacré dans la catégorie Best Musica Urbana Album pour son disque Debí Tirar Más Fotos, l’artiste portoricain a profité de son discours de remerciement pour s’en prendre frontalement à l’ICE, l’agence américaine de contrôle de l’immigration.

    Avant même de remercier qui que ce soit, il a posé le ton d’entrée en lançant une formule qui a immédiatement marqué la soirée : « Avant de dire merci à Dieu, je vais dire : ICE out. »

    « Nous ne sommes pas des aliens » : un discours centré sur l’humanité et la dignité

    Face à une salle debout et en liesse dans la Crypto.com Arena, Bad Bunny a développé un message axé sur la dignité des personnes visées par les politiques migratoires. Il a insisté sur le fait que les populations concernées ne devaient pas être déshumanisées, rappelant qu’elles sont, comme tout le monde, des êtres humains et des Américains.

    Le rappeur a rejeté les qualificatifs qui assimilent ces communautés à des menaces ou à des êtres inférieurs, martelant qu’elles ne sont ni sauvages, ni animales, ni « aliens ». Son intervention a ainsi lié son engagement politique à sa propre identité et à celle de millions de personnes vivant sur le continent américain.

    Un appel à remplacer la haine par l’amour

    Au-delà de la critique de l’ICE, Bad Bunny a aussi livré une réflexion plus large sur le climat de tensions et de haine qui traverse la société. Il a évoqué la difficulté de ne pas céder à la haine dans le contexte actuel, décrivant comment celle-ci peut « contaminer » et se renforcer au contact d’encore plus de haine.

    Pour lui, la seule force capable de rivaliser avec cette spirale est l’amour. Il a ainsi appelé à une autre manière de se battre : non pas en répondant par la haine, mais en protégeant et en chérissant ses proches, sa communauté et sa famille. Selon ses mots, la véritable opposition se construit à partir de l’amour, non de la vengeance.

    Un contexte explosif autour de l’ICE et des violences récentes

    Les propos de Bad Bunny s’inscrivent dans un climat particulièrement tendu autour de l’ICE dans plusieurs villes américaines. L’agence est au cœur de nombreuses polémiques, et des manifestations ont éclaté ces dernières semaines, notamment à Minneapolis.

    Dans cette ville, deux civils, Renee Good et Alex Pretti, ont été abattus par des agents de l’ICE, déclenchant une vague d’indignation et de protestations. Le discours prononcé aux Grammys résonne donc comme une réponse directe à ces événements dramatiques et au sentiment d’injustice qu’ils ont ravivé.

    Des artistes de premier plan mobilisés contre l’ICE

    Bad Bunny n’est pas isolé dans cette bataille symbolique et politique. De nombreuses figures majeures de la musique se sont exprimées sur la question de l’ICE et des violences qui lui sont associées.

    Parmi elles, Bruce Springsteen a écrit un titre intitulé Streets Of Minneapolis, en écho à la situation dans la ville. D’autres artistes comme Tom Morello, Lady Gaga ou encore Billie Eilish se sont également montrés très critiques envers l’agence et solidaires des victimes et des manifestants.

    Une cible privilégiée du mouvement MAGA depuis l’annonce du Super Bowl

    Les mots de Bad Bunny aux Grammys prennent une dimension supplémentaire lorsqu’on les replace dans le contexte des attaques dont il fait l’objet. Depuis qu’il a été désigné pour assurer le show de la mi-temps du Super Bowl cette année, il est régulièrement visé par le mouvement MAGA.

    Donald Trump a publiquement jugé qu’il s’agissait d’un « terrible choix », estimant que cette décision ne ferait que « semer la haine ». Il avait déjà qualifié l’idée de confier la scène du Super Bowl à Bad Bunny de « folle » et affirmé n’avoir « jamais entendu parler » de lui.

    L’un de ses conseillers a, de son côté, annoncé que des agents de l’ICE seraient présents lors de ce concert qualifié de « honteux ». Ces déclarations s’ajoutent à un climat d’hostilité qui entoure l’artiste depuis plusieurs mois.

    La peur des raids de l’ICE et l’absence de tournée américaine

    Avant même l’officialisation de sa participation au Super Bowl, Bad Bunny avait déjà exprimé ses inquiétudes face à l’ICE. Il avait déclaré à ses fans qu’il ne se produirait pas aux États-Unis dans le cadre de sa tournée mondiale en cours, par crainte de voir ses concerts être pris pour cibles par des opérations de l’agence.

    Ces prises de position ont fortement irrité l’extrême droite, faisant de lui une figure emblématique de la contestation des politiques migratoires répressives, mais aussi une cible privilégiée de ses opposants.

    Debí Tirar Más Fotos : un album récompensé et salué par la critique

    Le Grammy remporté par Bad Bunny consacre son album Debí Tirar Más Fotos, déjà remarqué par la critique. Le disque a été classé cinquième dans la liste des meilleurs albums de 2025 établie par NME.

    Le média y voit un projet dans lequel le « superstar portoricain fait mouche à chaque fois ». L’album est décrit comme une œuvre spectaculaire, autant par l’ampleur de sa narration que par la richesse de ses influences musicales, où se côtoient salsa, bomba, plena, reggaeton et de nombreux autres styles latins.

    Un artiste au croisement de la musique et de l’engagement politique

    Avec ce discours « ICE out » aux Grammys, Bad Bunny confirme son rôle d’artiste engagé, qui ne sépare pas sa création artistique de ses prises de position politiques. Son message, centré sur l’humanité, l’amour et la résistance aux politiques de haine, résonne bien au-delà de la seule communauté latino.

    À travers son succès musical et la visibilité offerte par des événements mondiaux comme les Grammy Awards ou le Super Bowl, il utilise sa plateforme pour porter la voix de celles et ceux qui se sentent menacés ou invisibilisés par les politiques migratoires actuelles.

     

    FAQ

    Pourquoi le discours de Bad Bunny aux Grammys 2026 a-t-il autant marqué les esprits ?

    Son intervention a été marquante car il a utilisé sa remise de prix pour livrer un message politique très direct contre l’ICE, dans un contexte déjà explosif aux États-Unis. En affirmant que les personnes visées par ces politiques sont des humains et des Américains, il a mis la dignité et l’humanité au centre de son discours.

    Quel lien entre le discours « ICE out » et la situation à Minneapolis ?

    Le discours s’inscrit dans un climat de révolte après la mort de deux civils, Renee Good et Alex Pretti, tués par des agents de l’ICE à Minneapolis. Ces événements ont déclenché de nombreuses manifestations, et les propos de Bad Bunny ont été perçus comme une réponse à ces violences et à la présence accrue de l’ICE dans plusieurs villes.

    Comment d’autres artistes se sont-ils positionnés sur la question de l’ICE ?

    Plusieurs artistes reconnus ont pris la parole contre l’ICE et les violences qui lui sont associées. Bruce Springsteen a écrit la chanson Streets Of Minneapolis, tandis que Tom Morello, Lady Gaga, Billie Eilish et d’autres se sont également montrés critiques et solidaires des victimes et des mouvements de protestation.

    En quoi le Grammy remporté par Bad Bunny renforce-t-il la portée de son message ?

    Le Grammy pour Debí Tirar Más Fotos lui offre une visibilité maximale pour porter son message. L’album est salué par la critique, classé cinquième dans la liste des meilleurs albums de 2025 de NME, et décrit comme une œuvre ambitieuse mêlant de nombreux styles latins. Cette reconnaissance artistique renforce la légitimité de sa prise de parole politique sur la scène des Grammys.

    Simon JANVIER

    J'aime la musique, toutes les musiques. Je profite donc de mes interventions sur ce blog pour partager avec vous l'histoire de titres qui m'ont marqué. Mes critères de choix sont l'émotion, la singularité ou les conditions particulières de l'enregistrement.