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Pochette de l’album « Ride Lonesome » — Beck / Iliad Records-Capitol

Sept ans après « Hyperspace », Beck publie ce vendredi 18 septembre « Ride Lonesome », son quinzième album studio, façonné avec le producteur Nigel Godrich. L’Américain y renoue avec la veine intime et cinématographique qui a donné ses plus beaux disques, entouré des musiciens qui l’accompagnent depuis « Sea Change » et « Morning Phase ».

Un silence de sept ans enfin rompu

Depuis « Hyperspace » en 2019, Beck n’avait plus sorti d’album studio : c’est le plus long silence de sa carrière. Une carrière lancée au milieu des années 1990 avec le tube « Loser », puis prolongée par trois décennies de virages permanents, du folk bricolé au funk de plastique, de la pop de studio au blues dépouillé. À bientôt cinquante-six ans, l’artiste choisit de revenir non par la grande porte tapageuse, mais par un disque de retenue, annoncé dès le mois de juillet.

Pour l’occasion, Beck a rappelé autour de lui la garde rapprochée de ses albums les plus aimés. On retrouve notamment Smokey Hormel, Joey Waronker, Justin Meldal-Johnsen, Roger Joseph Manning Jr. et Jason Falkner, tous passés par « Mutations » (1998), « Sea Change » (2002) ou « Morning Phase » (2014), le disque qui lui avait valu le Grammy de l’album de l’année. Une manière claire d’annoncer la couleur : celle des chansons à fleur de peau plutôt que des expérimentations tape-à-l’oeil.

Beck dans le clip de Ride Lonesome
Beck dans le clip de « Ride Lonesome » — BeckVEVO

Nigel Godrich à la console

Le disque a été enregistré au studio United, à Hollywood, et mixé par Nigel Godrich, l’homme de l’ombre de Radiohead, déjà complice de Beck sur ses albums les plus mélancoliques. Le résultat assume une esthétique acoustique et feutrée : guitares sèches, arrangements de cordes, pedal steel et batteries chaudes, très loin de la production léchée et pop de ses deux précédents efforts. C’est une musique pensée pour l’écoute au casque, tard le soir, plus que pour les enceintes d’un festival.

Trois titres avaient déjà balisé le retour. « Ride Lonesome », la chanson-titre, est parue en avril, suivie en juin d’une version en duo avec la chanteuse country Sierra Ferrell. « In the Night » a suivi en juillet, accompagné d’un clip habité par l’acteur Denis Lavant et réalisé par Mikai Karl. « Disappearing Act », dévoilé en août, a confirmé la direction : des harmonies empilées, une réverbération généreuse et des textes tournés vers l’inconnu.

Visuel du single Ride Lonesome de Beck
Visuel du single « Ride Lonesome » — Beck / Capitol

Douze titres taillés pour l’intime

« Ride Lonesome » réunit douze chansons. La couleur générale est celle d’un folk de chambre, cousin des grands disques crépusculaires de l’artiste, où la voix se pose sans effets sur des arrangements soignés. On y croise des morceaux comme « Run Away », « Bleed », « Slow Canyon » ou « Beyond the Light », qui prolongent cette atmosphère de road-movie intérieur.

  • « Ride Lonesome » — la chanson-titre, matrice du disque, existe aussi en duo avec Sierra Ferrell
  • « In the Night » — hymne folk-rock porté par un arrangement de cordes et un clip signé Mikai Karl
  • « Disappearing Act » — troisième extrait, tout en guitares acoustiques et harmonies vaporeuses

Les premiers extraits ont reçu un accueil critique chaleureux, beaucoup y voyant un retour bienvenu pour les auditeurs que la direction pop de ses derniers albums avait laissés sur le bord de la route. Reste à découvrir l’ensemble, à l’écoute, pour mesurer si le disque tient la distance sur douze titres.

Une tournée nord-américaine dans la foulée

La sortie s’accompagne d’une tournée à travers les États-Unis et le Canada, étalée sur septembre et octobre 2026. De quoi porter sur scène ces nouvelles chansons dépouillées, dans des formats plus intimes que les grandes messes électriques auxquelles Beck avait habitué son public ces dernières années.

« Ride Lonesome » s’inscrit dans une petite série de grands retours discrets. À quelques jours d’intervalle, le parrain de la pop japonaise Haruomi Hosono publiait lui aussi son premier album en sept ans, comme si, à rebours des sorties calibrées pour les algorithmes, certains vétérans préféraient réapprendre à parler à voix basse. Rendez-vous ce vendredi pour vérifier si Beck y parvient mieux que personne.