À l’approche du Super Bowl LX, Bad Bunny ne se contente pas d’assurer le show à la mi-temps : il s’invite aussi dans les dressings des fans de football américain. Une double collection de merchandising, conçue avec la NFL, met au centre la culture portoricaine et suscite déjà débats et tensions politiques aux États-Unis.

    Une collaboration NFL x Bad Bunny centrée sur le « Concho »

    La première partie de la collaboration entre Bad Bunny et la NFL, réalisée avec Ceremony of Roses, a été dévoilée le samedi 24 janvier sous le nom de collection « Fans/Concho ». Le terme « Concho » renvoie au crapaud portoricain, devenu un symbole récurrent dans l’univers visuel et le merchandising de l’artiste.

    Cette ligne propose plusieurs types de produits : sweats à capuche, t-shirts, casquettes et porte-clés peluches. Particularité notable : chaque pièce est déclinée aux couleurs officielles des 32 équipes de la NFL, permettant aux supporters de revendiquer à la fois leur franchise de cœur et leur attachement à Bad Bunny.

    « Super Tazón » : la première collection Super Bowl officielle en espagnol

    La seconde partie de la collaboration doit arriver le 8 février, jour de la mi-temps du Super Bowl. Baptisée « Super Tazón », cette ligne repose sur une réinterprétation en espagnol du terme « Super Bowl ».

    Le mot « Tazón » est utilisé pour dire « bol » à Porto Rico et dans une grande partie de l’Amérique latine. Cette initiative marque un tournant : c’est la première fois que des produits officiels NFL sous licence Super Bowl intègrent la langue espagnole. Les articles précis de cette collection n’ont pas encore été dévoilés, mais le positionnement est clair : mettre au premier plan la culture hispanophone dans l’un des événements les plus suivis aux États-Unis.

    Un show de mi-temps sous haute tension politique

    Bad Bunny a été choisi pour assurer le show de la mi-temps du 60e Super Bowl. Ce choix a déclenché une vive réaction au sein d’une partie de la mouvance MAGA, qui critique ouvertement sa présence. Pendant ce temps, d’autres artistes investiront aussi la scène du Super Bowl : Charlie Puth interprétera l’hymne national des États-Unis, Brandi Carlile chantera « America the Beautiful », et Green Day se chargera de la cérémonie d’ouverture.

    Malgré les contestations, Bad Bunny n’a pas changé de discours : il a assuré que « le monde dansera » pendant son passage à la mi-temps, dans une publicité récente, affichant une posture assumée et ambitieuse pour ce qui est présenté comme la plus grande scène du spectacle sportif mondial.

    Donald Trump s’en prend à Bad Bunny, Green Day et au choix de la NFL

    Interrogé par un média américain le 24 janvier, Donald Trump a indiqué qu’il ne se rendrait pas au Super Bowl, alors qu’il avait assisté à l’édition précédente. Il a justifié son absence par la distance qui le sépare du Levi’s Stadium, estimant que le trajet était trop long.

    Au-delà de cet argument, il a profité de l’occasion pour critiquer Bad Bunny et Green Day, deux artistes qui se sont déjà positionnés contre lui par le passé. Selon lui, la programmation est « un terrible choix » et ne ferait qu’« alimenter la haine ». Il a également qualifié la décision de confier la tête d’affiche à Bad Bunny de « folle » et affirmé ne pas connaître l’artiste, tandis qu’un de ses conseillers a annoncé la présence d’ICE lors du concert, décrit comme « honteux ».

    Bad Bunny, la question migratoire et la riposte de l’extrême droite

    Avant l’annonce de sa prestation au Super Bowl, Bad Bunny avait expliqué à ses fans qu’il ne tournerait pas aux États-Unis pendant sa tournée mondiale, en raison de craintes liées à d’éventuelles interventions d’agents de l’ICE lors de ses concerts. Ces déclarations ont fortement irrité certains cercles d’extrême droite.

    En réaction, l’organisation Turning Point USA, fondée par Charlie Kirk, a prévu de monter un « All American Halftime Show » en parallèle du show officiel de la NFL, à la même date et au même horaire. Sting doit s’y produire. L’objectif affiché est de proposer une alternative perçue comme plus conforme à leurs valeurs, en opposition directe à la programmation portée par Bad Bunny.

    La NFL et Jay-Z assument pleinement leur choix

    Face aux polémiques, la NFL n’a pas reculé. Son commissaire Roger Goodell a confirmé que la décision de placer Bad Bunny au cœur de la mi-temps du Super Bowl avait été mûrement réfléchie et a défendu ce choix sans ambiguïté.

    Jay-Z, qui conseille la NFL sur la stratégie musicale via le partenariat entre son label Roc Nation et la ligue, a soutenu Bad Bunny à plusieurs reprises. Il a qualifié le rappeur de « véritablement inspirant » et expliqué que ses équipes se sentaient honorées de le voir sur « la plus grande scène du monde ». Il a aussi dit douter de la sincérité de la fronde contre l’artiste, estimant que le public l’appréciait réellement et qu’il ne fallait pas se laisser tromper par le bruit médiatique.

    Un artiste au sommet, entre succès critique et rayonnement mondial

    Au-delà du Super Bowl et de la polémique, Bad Bunny arrive à cet événement dans un moment fort de sa carrière. Son album « Debí Tirar Más Fotos » s’est classé cinquième dans une liste de meilleurs albums de 2025, salué comme une œuvre où l’artiste ne laisse rien au hasard. Le disque a été décrit comme une véritable débauche de créativité, autant par sa manière joyeuse de mêler salsa, bomba, plena, reggaeton et d’autres styles latins, que par l’ampleur de sa narration.

    Son single « Baile Inolvidable » s’est également illustré, décrochant la dixième place dans un classement des meilleures chansons de 2025. Il y était présenté comme l’un de ses titres les plus marquants dans le registre de la ballade passionnée.

    Un merchandising qui symbolise le croisement entre football, musique et identité latine

    Entre la collection « Fans/Concho » et la future ligne « Super Tazón », l’opération NFL x Bad Bunny va au-delà de simples produits dérivés. Elle met en avant un imaginaire portoricain fort, à travers la figure du Concho, tout en introduisant l’espagnol dans le merchandising officiel du Super Bowl pour la première fois.

    Dans un contexte hautement politisé – tensions autour de l’immigration, critiques de Donald Trump, contre-programmation de l’extrême droite – ce partenariat prend des allures de manifeste culturel. La NFL parie sur un artiste latino mondialement suivi, tandis que Bad Bunny utilise la scène et les produits dérivés pour affirmer la place de sa communauté dans un événement emblématique de la culture américaine.

    FAQ

    Quel est le concept de la collection « Fans/Concho » de Bad Bunny et de la NFL ?

    La collection « Fans/Concho » est une ligne de merchandising conçue avec Ceremony of Roses. Elle met à l’honneur le « Concho », crapaud portoricain devenu emblème récurrent de Bad Bunny. On y trouve des hoodies, t-shirts, casquettes et porte-clés peluches, déclinés aux couleurs des 32 équipes de la NFL.

    Que signifie le terme « Super Tazón » dans le cadre de cette collaboration ?

    « Super Tazón » est le nom de la deuxième collection NFL x Bad Bunny, prévue pour le 8 février, jour de la mi-temps du Super Bowl LX. « Tazón » signifie « bol » en espagnol, notamment à Porto Rico et dans une grande partie de l’Amérique latine. Cette collection constitue la première gamme de produits officiels NFL sous licence Super Bowl à intégrer la langue espagnole.

    Pourquoi la participation de Bad Bunny au Super Bowl LX est-elle controversée ?

    Le choix de Bad Bunny pour le show de la mi-temps a suscité un important rejet dans certains milieux proches du mouvement MAGA. Donald Trump a attaqué publiquement l’artiste, ainsi que Green Day, jugeant la programmation « terrible » et accusant ces choix de nourrir la haine. L’annonce d’une présence de l’ICE et la mise en place d’un show alternatif par Turning Point USA ont renforcé la dimension politique de l’affaire.

    Comment la NFL et Jay-Z ont-ils réagi aux critiques visant Bad Bunny ?

    La NFL, par la voix de son commissaire Roger Goodell, a maintenu sa position et affirmé que la décision de confier la mi-temps du Super Bowl à Bad Bunny avait été soigneusement réfléchie. Jay-Z, en charge de la stratégie musicale de la ligue via Roc Nation, a décrit l’artiste comme « véritablement inspirant », disant se sentir honoré de le voir sur « la plus grande scène du monde » et estimant que la polémique ne reflétait pas réellement l’adhésion du public.

    Simon JANVIER

    J'aime la musique, toutes les musiques. Je profite donc de mes interventions sur ce blog pour partager avec vous l'histoire de titres qui m'ont marqué. Mes critères de choix sont l'émotion, la singularité ou les conditions particulières de l'enregistrement.