Vingt ans après un premier album qui avait autant fasciné que divisé, Bring Me The Horizon réenregistre entièrement « Count Your Blessings ». Baptisée « Repented » et parue le 10 juillet 2026, cette relecture rugueuse renoue avec les racines deathcore du groupe britannique devenu, depuis, l’un des noms les plus imposants du rock mondial.
Un premier album ressuscité pour ses vingt ans
Le 30 octobre 2006, une bande de jeunes musiciens de Sheffield à peine sortis de l’adolescence publiait « Count Your Blessings », un premier album au deathcore brutal, brouillon et sans concession. Vingt ans plus tard, Bring Me The Horizon reprend ce disque à zéro. Sous le titre « Count Your Blessings | Repented », paru le 10 juillet 2026, le groupe réenregistre l’intégralité des morceaux d’origine, cette fois avec les moyens, l’expérience et la production d’un groupe qui remplit désormais les stades.
L’idée n’est pas de gommer le passé mais de le regarder en face. Le chanteur Oli Sykes et le guitariste Lee Malia ont piloté ce chantier avec le producteur suédois Buster Odeholm, réputé pour ses murs de guitares chirurgicaux. Chaque titre porte la mention « 2026 Repented » : les riffs sont plus épais, les blast beats plus nets, la voix plus assurée, mais l’agressivité du disque d’origine reste intacte.

Ce que change vraiment « Repented »
Plutôt qu’un simple lifting sonore, cette version relit l’album avec le recul de deux décennies. Quelques repères pour s’y retrouver :
- Une production modernisée : le grain saturé de 2006 laisse place à un son plus large, taillé pour les grandes scènes, sans lisser la violence des morceaux.
- Un titre qui retrouve son nom : le morceau connu sous le nom de « Liquor & Love Lost » réapparaît sous son intitulé de travail d’origine, « Dragon Slaying », clin d’œil aux toutes premières sessions du groupe.
- Un inédit en guise d’épilogue : l’album se referme sur « Dehumanized », un titre entièrement nouveau, dont l’inspiration puise dans le roman d’anticipation « Cadavre exquis » d’Agustina Bazterrica.
Les fans retrouveront intacts les brûlots qui ont bâti la réputation du groupe, à commencer par « Pray for Plagues », « Fifteen Fathoms, Counting » ou l’improbable « (I Used to Make Out With) Medusa ». Autant de titres que Bring Me The Horizon avait fini par mettre de côté à mesure que sa musique évoluait vers des territoires plus mélodiques.

Du deathcore mal aimé au sommet du rock
Pour mesurer le geste, il faut se souvenir d’où vient le groupe. « Count Your Blessings » avait, à l’époque, récolté autant de moqueries que d’éloges : trop extrême pour les uns, trop marqué par la mode metalcore pour les autres. Bring Me The Horizon a passé les années suivantes à s’affranchir de cette étiquette, album après album, jusqu’à devenir une machine à tubes capable de mêler metal, électronique, pop et musique de films.
Aujourd’hui, la formation menée par Oli Sykes fait partie des rares groupes de sa génération à jouer en tête d’affiche des plus gros festivals de la planète. Réenregistrer son disque le plus mal aimé, c’est donc revendiquer un point de départ longtemps encombrant, et rappeler que cette brutalité initiale n’a jamais totalement quitté leur ADN. Le même mouvement de retour aux sources anime d’autres poids lourds : Muse renoue avec ses tensions intimes sur « The Wow! Signal », tandis que Megadeth promet une « renaissance » du metal avant de tirer sa révérence.

Pourquoi ce retour compte
Le réenregistrement d’album n’a rien d’anodin en 2026 : c’est devenu un moyen, pour les artistes, de reprendre le contrôle de leur catalogue et de rappeler leur héritage à une nouvelle génération d’auditeurs. Là où d’autres refont leurs classiques pour des raisons de droits, Bring Me The Horizon en profite surtout pour réconcilier son public actuel, souvent arrivé récemment, avec la face la plus radicale de ses débuts.
Le pari est aussi symbolique. En assumant frontalement ce disque de jeunesse, le groupe boucle une boucle : celle d’une formation partie du fond du garage pour finir sur les scènes que remplissent aujourd’hui les plus grands noms du rock à guitares. Pour découvrir l’univers du groupe, son site officiel centralise sorties et dates de concerts.
Reste à voir comment cette relecture cohabitera, sur scène, avec les titres plus grand public qui ont fait la renommée du groupe. Une chose est sûre : à l’écoute de ce « Repented », Bring Me The Horizon rappelle que même les groupes devenus mainstream gardent, quelque part, un cœur de fracas.







