Trois ans après le raz-de-marée « Water », Tyla passe à l’étape supérieure. La chanteuse sud-africaine publie « A*POP », son deuxième album, le 24 juillet 2026 chez FAX et Epic Records. Quatorze titres, un son qu’elle baptise « popiano » et une avalanche d’invités : voici ce qui attend son public à quelques jours de la sortie.

    Qui est Tyla, la révélation qui a fait basculer la pop sud-africaine

    À 24 ans, Tyla n’est plus une promesse : c’est une valeur sûre. Née à Johannesburg, la chanteuse a explosé fin 2023 avec « Water », un single porté par l’amapiano, cette musique de club née dans les townships sud-africains, qui a fini par tourner en boucle sur TikTok puis dans le monde entier. Le morceau lui a valu, début 2024, le tout premier Grammy Award de la meilleure performance de musique africaine, une catégorie créée cette année-là. Son premier album éponyme, sorti dans la foulée en 2024, a confirmé qu’elle savait transformer un hit viral en carrière durable.

    « A*POP » arrive donc avec une attente considérable : celle du deuxième disque, celui qui doit prouver que la réussite n’était pas un coup de chance. Tyla, elle, promet « une vibe complètement différente » et un projet plus personnel que le premier.

    Pochette de l’album A*POP de Tyla
    Crédit : Epic Records

    « A*POP » : un titre-manifeste et un son hybride

    Le nom de l’album n’a rien d’anodin. Tyla revendique une « pop » qui ne ressemble à personne, un croisement qu’elle décrit comme du « popiano » : la structure et l’immédiateté de la pop grand public, greffées sur les nappes R&B et surtout sur l’amapiano qui reste sa signature. L’idée n’est pas de renier ses racines sud-africaines pour séduire les radios américaines, mais de faire cohabiter les deux dans un même morceau.

    Le projet a été dévoilé le 1er février 2026, sur le tapis des Grammy Awards, où la chanteuse avait glissé le titre de l’album avant d’en préciser le contenu au fil des mois. Quatorze titres composent la version finale, produite par une équipe resserrée où l’on retrouve notamment Ian Kirkpatrick et P2J, deux artisans habitués des tubes internationaux.

    Une pluie de featurings pour élargir le terrain de jeu

    C’est peut-être la plus grande surprise de « A*POP » : Tyla, qui avait construit son premier album quasiment seule, s’entoure cette fois d’une distribution étoffée. Le casting d’invités annoncé réunit plusieurs noms qui parlent à des publics très différents :

    • Zara Larsson, déjà présente sur le single « She Did It Again », pour le versant pop scandinave ;
    • Kehlani, figure du R&B alternatif américain ;
    • Cardi B, pour une dose de rap grand public ;
    • Wizkid, star de l’afrobeats nigérian, qui ancre le disque dans le continent africain.

    Ce grand écart n’est pas qu’une opération de communication : il dit précisément où Tyla veut jouer, à la charnière entre pop occidentale, R&B et musiques africaines. Un positionnement rare, qu’aucune autre artiste de sa génération n’occupe aussi frontalement.

    Tyla sur le tapis du Met Gala 2026
    Crédit : Wikimedia Commons

    Trois singles pour préparer le terrain

    Avant l’album, Tyla a distillé trois morceaux qui donnent une idée assez nette de la direction prise. « Chanel », paru fin octobre 2025, a lancé les hostilités et s’est classé dans le Top 20 britannique. « She Did It Again », en duo avec Zara Larsson au printemps 2026, a confirmé l’appétit pop du projet. Enfin « Is It Love », sortie mi-juin, ouvre le disque et pose sa question centrale : l’amour peut-il exister sans larmes ?

    Le clip de « Is It Love », dévoilé quelques jours avant la sortie de l’album et réalisé par Aerin Moreno, illustre bien cette tension. On y voit Tyla enchaîner une chorégraphie dans un appartement qui se délite peu à peu, jusqu’à être englouti par l’eau — un clin d’œil assumé à « Water », le titre qui l’a fait connaître, retourné cette fois vers quelque chose de plus mélancolique.

    Un mois de juillet embouteillé pour la pop

    La date du 24 juillet n’a rien d’un hasard tranquille : elle place « A*POP » en concurrence directe avec « Music, Fashion, Film » de Charli XCX, attendu le même jour. Plus largement, l’été 2026 ressemble à un embouteillage de sorties pop majeures, entre « Petal » d’Ariana Grande, fin juillet, et les retours attendus de plusieurs poids lourds du genre.

    Dans ce calendrier saturé, Tyla avance un atout que peu partagent : elle ne se contente pas de suivre les codes de la pop américaine, elle y injecte une couleur sonore que le grand public associe désormais à elle seule. La même logique de métissage qui traverse d’autres sorties de l’été, comme le virage latino d’i-dle en K-pop, dit quelque chose de l’époque : les frontières entre esthétiques n’ont jamais été aussi poreuses.

    Tyla en performance à Coachella en 2025
    Crédit : Wikimedia Commons

    Pourquoi cette sortie compte

    Au-delà des chiffres qu’il fera, « A*POP » est un test grandeur nature pour toute une scène. Tyla est aujourd’hui la principale ambassadrice d’un son sud-africain que l’industrie mondiale n’avait jamais vraiment intégré au premier plan. Si ce deuxième album impose durablement le « popiano » comme un genre à part entière, il ouvrira une porte pour bien d’autres artistes du continent. Rendez-vous le 24 juillet pour mesurer l’ampleur de la vague.

    Simon Janvier

    J'aime la musique, toutes les musiques. Je profite donc de mes interventions sur ce blog pour partager avec vous l'histoire de titres qui m'ont marqué. Mes critères de choix sont l'émotion, la singularité ou les conditions particulières de l'enregistrement.