Pochette officielle — Kasabian, ACT III (Columbia).
Il aura fallu patienter tout un été. Kasabian publie ce 4 septembre 2026 ACT III, son neuvième album studio, initialement attendu le 17 juillet avant d’être repoussé de quelques semaines. Le groupe de Leicester referme ainsi une longue campagne de singles ouverte il y a presque un an, et confirme qu’il reste l’un des derniers grands pourvoyeurs de rock à refrains géants du royaume.
Un album remis « sur la table d’opération »
Le report n’avait rien d’un caprice. En annonçant le décalage, le groupe a expliqué avoir remis le disque « sur la table d’opération pour quelques derniers ajustements », refusant de le livrer sans que « tout soit exactement en place ». Le résultat tient en treize titres et à peine trente-trois minutes : ACT III assume un format ramassé, sans gras, pensé pour enchaîner sans temps mort. Aux commandes, Serge Pizzorno, l’homme-orchestre du groupe, coproduit l’ensemble avec Mark Ralph, un artisan pop-électro habitué des refrains taillés pour les festivals.
Ce parti pris de la concision n’étonnera personne chez une formation qui a toujours préféré l’impact à la démonstration. Là où beaucoup d’artistes rallongent leurs albums pour gonfler les compteurs de streaming, Kasabian choisit l’inverse : treize morceaux calibrés pour la scène, et un disque qui se réécoute d’un bloc sans jamais s’essouffler. La pochette elle-même, colorisée numériquement quelques jours avant la sortie, trahit cette envie d’en découdre après un été d’attente.
De « Hippie Sunshine » à « Great Pretender » : une longue mise en bouche
La sortie a été préparée de longue main. Premier extrait, « Hippie Sunshine » avait lancé les hostilités dès septembre 2025. Ont suivi « Great Pretender » en avril 2026, morceau nerveux devenu la carte de visite de l’album, puis « Superpowers » en juin, dont le clip a fait appel à l’acteur Stephen Graham, et enfin « Nothing Better Than This » mi-août, dernier appel avant l’album. Quatre jalons qui dessinent la même ligne : des couplets électroniques, des refrains qui explosent, et cette envie de faire chanter les stades que Kasabian n’a jamais perdue.

Serge Pizzorno, seul maître à bord
Formé à Leicester à la fin des années 1990, Kasabian a explosé en 2004 avec un premier album porté par « Club Foot » et « L.S.F. », avant de devenir l’un des groupes les plus demandés des grands festivals britanniques, têtes d’affiche de Glastonbury comme de Reading. « Empire », « Fire » ou « Fast Fuse » ont installé une signature : des riffs massifs, une pulsation quasi électronique et un sens du refrain fait pour les foules.
Depuis le départ de Tom Meighan en 2020, tout repose sur les épaules de Serge Pizzorno, qui a repris le micro en plus de la guitare et de la production. Entouré de Chris Edwards, Ian Matthews et Tim Carter, il avait d’abord fait taire les sceptiques avec The Alchemist’s Euphoria puis Happenings en 2024, et ACT III prolonge cette deuxième vie du groupe. Le disque arrive dans une saison faste pour le rock britannique : après une édition de Reading & Leeds à l’affiche 100 % britannique et irlandaise, la vieille garde des guitares reprend clairement du galon.
Ce retour s’inscrit dans un mouvement plus large de grands noms qui rechargent les amplis, du come-back de Weezer avec « The Gold Album » au grand écart country de Brandon Flowers sur « THRASHER ». Face à eux, Kasabian mise sur ce qu’il sait faire de mieux : des hymnes efficaces, une énergie de scène intacte, et un format court qui ne laisse aucune place au remplissage. Reste à savoir si ACT III s’imposera sur la durée ; en attendant, la première écoute, elle, va droit au but.
Le clip officiel de « Great Pretender » :
