“girl, get up” : bien plus qu’un single, un cri de fierté
Avec “girl, get up”, Doechii et SZA ouvrent l’année 2026 en posant d’emblée le ton : celui d’une affirmation frontale de la fierté des femmes noires. Le morceau est clairement pensé pour que les filles à la peau noire, partout dans le monde, se redressent, se sentent légitimes et avancent la tête haute.
Doechii, dont la carrière a explosé en 2025, utilise ce titre pour mettre en mots ce qu’elle vit au quotidien dans l’industrie musicale : les préjugés, les jugements, et la lutte constante pour se maintenir dans la lumière sans se renier.
Une double bataille : sexisme et racisme au cœur du morceau
Le titre met en perspective une réalité déjà dénoncée par d’autres artistes féminines. On peut penser, par exemple, à la manière dont Taylor Swift a évoqué le traitement réservé aux femmes dans l’industrie dans son morceau “The Man”, où elle s’attaque aux doubles standards entre hommes et femmes. On parle de misogynie, un mot désormais bien ancré dans le débat public.
Mais pour Doechii, le combat ne se limite pas à ce “m” là. Dans son univers, il faut compter avec un autre fléau : le “r” – le racisme. Elle se retrouve face à une industrie prête à attribuer sa réussite à une quelconque instance supérieure plutôt qu’à reconnaître son propre talent et sa maîtrise. Certains préfèrent imaginer “un Dieu de l’industrie” derrière son ascension, plutôt que de l’admettre comme une force créatrice à part entière.
“Why sell my soul when I know I’m God ?” : la déclaration d’indépendance de Doechii
En 2026, Doechii pose les choses clairement : “Why sell my soul when I know I’m God?” (“Pourquoi vendre mon âme alors que je sais que je suis Dieu ?”). Cette phrase, au cœur de l’esprit du morceau, résume son refus de se plier aux attentes, aux compromis et aux récits imposés par l’industrie.
Dans le deuxième couplet, elle détaille la toxicité des rumeurs et des critiques qui l’entourent. Elle décrit un environnement où l’on préfère questionner sa santé mentale, l’accuser de dépendances ou la relier à des forces obscures plutôt que de simplement lui attribuer le mérite de son travail :
“Y’all wanna believe I’m on drugs and forsaken / They won’t credit me, so they blame it on Satan / Blame it on my label, blame it on my team / End of the day, everything is on me”.
Ici, chaque vers est construit comme une réplique directe à ses détracteurs. Elle observe, encaisse, tente au départ de “prendre de la hauteur”, mais finit par poser une limite claire : il y a un seuil à ne pas franchir, même pour quelqu’un qui aspire à rester la “plus grande”. Chaque ligne fonctionne comme un tir ciblé, sans concession.
Sororité et rap féminin : Doechii refuse la division
Dans le troisième couplet, Doechii change de focale. Elle s’éloigne du face-à-face avec l’industrie pour se placer aux côtés des autres rappeuses. Elle aborde la manière dont certains essaient de la positionner au-dessus des autres en la qualifiant d’“intellect amongst the pussy rap”, une étiquette qui sous-entendrait que son rap serait plus “respectable” ou “intelligent” que celui de ses consœurs.
Sa réponse est nette : “They callin’ me the intellect amongst the pussy rap / I still be poppin’ pussy, them my sisters, so I can’t agree with that.” Elle refuse de cautionner l’opposition entre “rap intellectuel” et “rap centré sur le corps” et renvoie cette hiérarchisation au vestiaire. Les rappeuses restent ses “sœurs”, peu importe le style ou le registre, et elle ne valide pas les étiquettes qui servent à les monter les unes contre les autres.
Dans ce contexte, 2026 pourrait bien ressembler à une année charnière pour ce qu’on pourrait appeler “l’amour entre filles”, la solidarité féminine dans le rap et au-delà. La question reste ouverte, mais “girl, get up” s’inscrit clairement dans cette dynamique.
SZA en featuring : une collaboration stratégique et parfaitement dosée
Inviter SZA sur ce titre n’a rien d’anodin. La voix derrière “Kill Bill” apporte sa patte, même sur un nombre limité de lignes dans ce morceau hip-hop. Sa participation est décrite comme un choix intelligent : elle exploite sa voix et son style de manière optimale, sans prendre toute la place, mais en ajoutant une couleur supplémentaire à l’ensemble.
Ce duo renforce la portée du titre : deux artistes puissantes, chacune avec son univers, réunies sur un morceau qui parle de dignité, de perception et de contrôle de son récit.
Un album en approche : 2026 déjà sous le signe de Doechii
Au-delà du message, “girl, get up” contient aussi un teasing clair pour la suite. Doechii en profite pour glisser une annonce concernant un nouvel album, décrit comme un projet “six months old, it need a fucking babysitter”. Autrement dit, ce disque existe déjà en coulisses et attend son moment pour être dévoilé.
Cette phrase renforce l’idée que 2026 s’annonce comme une année décisive pour elle. Entre un single manifeste, une collaboration marquante avec SZA et la promesse d’un album prêt à être lancé, tout laisse penser que cette nouvelle année pourrait marquer un tournant dans sa trajectoire.
Pour les auditeur·rice·s, cela ressemble déjà à une promesse : celle d’une année riche en propositions artistiques fortes, sans compromis sur l’identité et la parole des femmes noires dans le rap.
Un titre à suivre pour les musicien·ne·s et les pros de l’industrie
Pour les musicien·ne·s et les professionnel·le·s de l’industrie, “girl, get up” offre un cas d’école intéressant : comment transformer une expérience personnelle de discrimination, de rumeurs et de pression en œuvre musicale structurée, impactante et porteuse d’un message collectif. Le morceau illustre aussi la façon dont une artiste peut assumer pleinement son image, ses choix esthétiques et ses alliances (ici avec SZA), tout en gardant le contrôle de son récit.
Entre revendication identitaire, critique de l’industrie et célébration de la sororité, le titre s’impose comme un jalon à observer pour comprendre les enjeux de 2026 dans le rap et la pop internationale.
FAQ
De quoi parle principalement “girl, get up” de Doechii et SZA ?
Le morceau met en avant la fierté des filles à la peau noire et la manière dont Doechii affronte les préjugés de l’industrie musicale. Il aborde à la fois la misogynie, le racisme et la pression constante exercée sur une artiste en pleine lumière.
Comment Doechii décrit-elle le traitement qu’elle reçoit dans l’industrie ?
Elle explique que certains préfèrent attribuer son succès à des forces extérieures – drogues, Satan, son label ou son équipe – plutôt que de reconnaître son talent. Dans ses paroles, elle insiste sur le fait qu’au final, “tout repose sur elle”.
Quel message envoie Doechii au sujet des autres rappeuses ?
Elle refuse d’être opposée aux autres rappeuses. Même lorsqu’on la présente comme “l’intellect” face au “pussy rap”, elle rappelle qu’elle se reconnaît aussi dans ce registre et qu’elle considère ces artistes comme ses sœurs, refusant toute hiérarchie entre elles.
Que laisse présager “girl, get up” pour l’année 2026 de Doechii ?
Le titre suggère une année 2026 très prometteuse pour Doechii. Elle y annonce notamment l’arrivée d’un nouvel album déjà terminé depuis six mois, laissant entendre que de nouveaux projets importants sont sur le point de voir le jour.







